30.11.11 - UNE ORGANISATION REGIONALE CONDAMNE LE MANDAT D'ARRET KENYAN CONTRE BECHIR

Arusha, 30 novembre 2011 (FH) - Une organisation régionale africaine, l'Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD) a condamné mercredi le mandat d'arrêt kényan contre le président soudanais Omar el-Béchir, estimant que cette décision judiciaire mettait en péril le fragile processus de paix dans la corne de l'Afrique.

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L'IGAD regroupe Djibouti, l' Érythrée, l'Éthiopie, le Kenya, la Somalie, le Soudan et l'Ouganda.  

Le chef de l'Etat soudanais est sous le coup d'un mandat d'arrêt de la Cour pénale internationale (CPI) pour génocide et crimes contre l'humanité commis au Darfour, dans l'ouest de son pays.   

« Le mandat émis par la Haute Cour du Kenya met en danger le fragile processus de paix entrepris par l'Igad » dans la Corne de l'Afrique, estime l'organisation dans un communiqué en anglais reçu à l'agence Hirondelle.   

« Nous respectons les tribunaux des Etats membres. Mais, la position de l'IGAD est que les tribunaux ne peuvent pas travailler dans l'abstrait et que la décision doit assurer un équilibre entre la loi et les intérêts régionaux plus larges de l'IGAD», poursuit le texte.   

Pour cette organisation, l'arrestation d'Omar el-Béchir « aurait des effets négatifs sur la paix et la stabilité au Soudan ». « L'IGAD, en tant qu'organisation régionale, réitère la position de l'UA (Union africaine) sur la question, selon laquelle, la recherche de la justice devrait se faire de manière à ne pas nuire à la recherche de la paix », insiste le communiqué.   

A la suite de ce mandat d'arrêt, le gouvernement soudanais a rappelé son ambassadeur à Nairobi et donné au représentant du Kenya 76 heures pour quitter Khartoum.   

Pour sa part, le Kenya s'est abstenu de mesures de rétorsion et a annoncé qu'il allait demander au parquet de faire appel de cette décision saluée comme un bon antécédent par la très active société civile du pays.   

Le juge kényan a lancé le mandat d'arrêt suite à une requête de la branche locale de la Commission internationale des juristes (ICJ Kenya).   

Selon la section locale d'ICJ, le Kenya, ayant ratifié le traité fondateur de la CPI, est dans l'obligation d'interpeller M. Béchir lorsqu'il se trouve sur son territoire, ce qui n'avait pas été le cas lors d'une visite du président soudanais à Nairobi, en août 2010.

Dans sa requête, déposée en octobre 2010, ICJ Kenya avait dénoncé la venue du président soudanais fin août 2010 au Kenya pour la cérémonie de promulgation de la nouvelle constitution du pays.

Les autorités kényanes ne l'avaient pas arrêté, provoquant de nombreuses critiques de la part de la communauté internationale.

ER/GF

© Agence Hirondelle