14.03.14 - FRANCE/RWANDA - LA DEFENSE DU CAPITAINE SIMBIKANGWA DENONCE DE « FAUX TEMOIGNAGES » ET DEMANDE L’ACQUITTEMENT

Paris, 14 mars 2014 (FH) - Au lendemain du réquisitoire implacable du procureur qui a demandé la perpétuité, la défense du premier Rwandais jugé en France en lien avec le génocide des Tutsis de 1994 a dénoncé jeudi « de faux témoignage » et demandé l’acquittement. La Cour d’assises de Paris doit prononcer son verdict vendredi.

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Ancien membre de la garde du président Juvénal Habyarimana, le capitaine Pascal Simbikangwa, cloué dans un fauteuil roulant depuis un accident en 1986, est accusé d’avoir entraîné, armé et galvanisé les miliciens hutus Interahamwe. Ces derniers tenaient en 1994 des barrages routiers auxquels les Tutsis étaient identifiés et tués.« Il y a eu beaucoup de faux témoignages », a soutenu Maître Alexandra Bourgeot, s’appuyant sur des incohérences et contradictions dans certaines dépositions.En contre-interrogeant les témoins de l’accusation au cours des cinq semaines d’auditions, la défense s’était déjà employée à relever systématiquement des contradictions entre certaines dépositions devant la cour et des déclarations antérieures à des enquêteurs.Faute de preuves matérielles, les témoignages se trouvent au centre de ce procès, comme c’est d’ailleurs le cas dans les affaires au Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) basé à Arusha, en Tanzanie.« Que propose-t-on à la cour pour établir que Pascal Simbikangwa était un homme puissant, un dignitaire du régime hutu ? », a interrogé le deuxième avocat de la défense, Me Fabrice Epstein, rejoignant la thèse de  l’accusé qui s’est présenté tout au long du procès comme un homme sans poids.« On a essayé de grossir les traits de cet homme, en faire un membre du Hutu Power, un idéologue du génocide », a poursuivi l’avocat, fustigeant « un procès en sorcellerie ».Maîtres Bourgeot et Epstein ont affirmé que le gouvernement rwandais fait pression sur tous les tribunaux saisis de dossiers de Rwandais suspects de participation au génocide des Tutsis.« Le régime rwandais n’accepte pas les acquittements », a ainsi accusé Me Alexandra Bourgeot.« On vous demande d'écrire une histoire manichéenne, avec des bons d'un côté et des méchants de l'autre ! Je vous demande de désobéir. Répondez aux pressions politiques. Ne vous laissez pas impressionner », a renchéri Me Epstein.Comme dans toute procédure pénale, c’est l’accusé qui s’exprimera en dernier vendredi, pour certainement reprendre, dans ses termes, les plaidoiries de ses avocats français. La Cour d’assises, dont le président Olivier Leurent  est accusé par la défense, de se substituer à l’accusation, se retirera ensuite pour enfin revenir prononcer son verdict en audience publique. Le capitaine paraplégique risque la perpétuité.FH