Ile-de-France: un collectif dénonce une "instrumentalisation de l'histoire" par l'exécutif régional

Des historiens et élus de gauche au conseil régional d'Ile-de-France ont dénoncé jeudi une "instrumentalisation de l'histoire" par la majorité de droite, après la décision de partenariats avec des institutions consacrées aux crimes communistes, qu'ils accusent de révisionnisme, ce que réfute l'exécutif.

Dans un amendement au budget adopté le 17 décembre, les élus franciliens ont mandaté la présidente Valérie Pécresse (LR) pour "engager des partenariats avec des institutions mémorielles consacrées aux crimes commis par les régimes communistes en Europe centrale et orientale".

Il s'agit notamment "d'intégrer, dans les parcours pédagogiques des lycéens franciliens, des actions éducatives portant sur cette mémoire".

Interrogée par l'AFP, la Région précise qu'il n'y a "pas de liste de partenariats" définie mais une "liste indicative", ajoutant qu'"un travail se fera avec des historiens".

Parmi les quatre institutions mentionnées dans l'exposé des motifs, trois font polémique, observe le groupe communiste présidé par Céline Malaisée, professeure d'histoire et ex-trotskiste.

"Sous couvert de promouvoir le travail mémoriel - indispensable - sur les crimes commis par les régimes se réclamant du communisme en Europe, la droite et l'extrême-droite ont voté l'instauration de partenariats pédagogiques entre les lycées franciliens et des institutions révisionnistes", indiquent les élus communistes dans un communiqué.

Ils citent notamment la "Maison de la Terreur" en Hongrie, un musée créé à l'initiative de Victor Orban "qui présente dans un même récit les crimes du régime des Croix fléchées (fascistes hongrois alliés des nazis) et ceux du régime communiste, traçant ainsi une équivalence entre deux idéologies et leurs crimes".

Un positionnement qui minimise les crimes contre l'humanité et l'antisémitisme, avait rappelé en séance Mme Malaisé.

Dans une tribune publiée jeudi dans Le Monde, un collectif d'historiens et d'élus régionaux de gauche dénonce parallèlement "une tentative d'ingérence dans les contenus pédagogiques".

"Cette initiative a reçu le soutien (...) des élus du Rassemblement national. Outrepassant les compétences d'une région, l'Ile-de-France veut donc s'ingérer dans les contenus pédagogiques en instrumentalisant l'histoire et les mémoires", soulignent-ils.

Ils critiquent notamment l'usage de la formule "autres formes de répressions politiques" employée immédiatement après la mention de voyages d'études des lycéens sur les lieux de déportation.

Interrogée, la vice-présidente LR Florence Portelli estime que "ce qui est extrêmement choquant est un système qui a fait 80 millions de morts", faisant référence au "Livre noir du communisme" dirigé par l'historien Stéphane Courtois.

"J'ai toujours été choquée qu'en France, il y ait un parti qui s'appelle encore communiste", a-t-elle ajouté, dénonçant des "amalgames faits sciemment pour essayer de détourner l'attention sur le fait qu'on veut tout simplement dénoncer les victimes du communisme".

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