Kosovo: ouverture du procès après la fusillade meurtrière de 2023

Le procès de trois hommes jugés pour une tentative présumée de sécession dans le nord du Kosovo, qui a coûté la vie à un policier et trois assaillants en 2023, s'est ouvert vendredi à Pristina.

Des dizaines d'autres suspects sont toujours en fuite en Serbie plusieurs années après la fusillade. Longtemps retardé, le procès a pu se tenir dans la capitale après l'abandon d'une tentative de juger par contumace 42 coaccusés.

Le groupe est accusé de "préparation et commission d'actes terroristes" pour son rôle présumé dans une embuscade tendue à la police en 2023 au monastère de Banjska, près de la frontière entre le Kosovo et la Serbie.

Le tribunal a indiqué qu'un mandat d'arrêt international restait en vigueur contre les autres hommes, mais qu'un procès distinct se tiendrait une fois leur arrestation effectuée.

"Agissant selon un plan bien organisé, ils ont tenté de faire sécession de la partie nord du Kosovo, les municipalités à majorité serbe, et de la rattacher à la Serbie", peut-on lire dans l'acte d'accusation, consulté par l'AFP.

Les unités antiterroristes kosovares ont déjoué l'attaque, contraignant le groupe à se replier en Serbie, d'où il provenait.

Un homme a plaidé non coupable et deux autres ne se sont pas prononcés.

L'acte d'accusation reproche à Belgrade d'avoir armé et soutenu le groupe.

Le chef présumé du groupe, l'homme d'affaires serbe du Kosovo Milan Radoicic, également visé par un mandat d'arrêt pour crimes de guerre présumés commis lors du conflit kosovar des années 1990, se trouverait en Serbie.

Des médias serbes ont rapporté que M. Radoicic avait précédemment avoué aux autorités de Belgrade avoir dirigé l'attaque, mais on ignore s'il fait l'objet d'une enquête en Serbie.

La guerre du Kosovo de 1998-1999, qui a opposé les guérillas indépendantistes aux forces armées serbes, s'est terminée après une campagne aérienne de l'Otan qui a chassé les militaires et les policiers serbes du territoire.

Les tensions entre le Kosovo et la Serbie restent vives depuis la fin de la guerre, qui a fait environ 13.000 morts, Pristina ayant proclamé son indépendance en 2008, une décision que Belgrade refuse de reconnaître.

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