Les autorités iraniennes ont affirmé samedi avoir identifié et arrêté des membres de la minorité bahaïe, actifs selon elles "dans les émeutes" lors de la vague de contestation contre le pouvoir, a rapporté l'agence de presse iranienne Tasnim.
La communauté bahaïe, la plus grande minorité religieuse non musulmane d'Iran est régulièrement prise pour cible par les autorités. La République islamique considère les bahaïs comme des hérétiques et des "espions" liés à Israël, où se situe leur siège mondial historique, à Haïfa.
Grâce à des "mesures opérationnelles et de renseignement (...) un réseau de 32 membres de la secte d'espionnage bahaïe, actifs dans les émeutes et les actes de vandalisme, a été identifié", a indiqué le ministère du Renseignement cité par l'agence Tasnim.
Le ministère a fait état de 12 "agents principaux" arrêtés, tandis que 13 ont été convoqués.
Ce réseau, ajoute-t-il, était actif dans tout l'Iran, notamment à Téhéran, "leur repaire principal" étant situé à Machhad (est).
Près de trois semaines après son déclenchement, la vague de protestation en Iran a pour l'instant été étouffée par une répression qui a fait des milliers de morts, selon des experts et des ONG.
Le guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, a estimé samedi que les autorités devaient "briser le dos des séditieux", et dénoncé un "complot américain" contre le pays.
L'organisation de défense des droits humains Human Rights Watch avait déclaré en 2024 que la persécution des bahaïs en Iran depuis la révolution islamique de 1979 constituait un "crime de persécution contre l'humanité".
On ignore combien de membres cette minorité restent en Iran, mais leurs soutiens pensent qu'ils pourraient être encore plusieurs centaines de milliers.
Les bahaïs suivent les enseignements de Bahaullah, né en Iran en 1817, qu'ils considèrent comme un prophète et le fondateur de ce culte monothéiste.

