Principaux développements après la mort de l'ayatollah Khamenei en Iran

L'Iran a entamé un processus de transition après la mort de son guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei, tué samedi dans l'attaque d'Israël et des Etats-Unis qui se poursuit dimanche. Téhéran a riposté par des tirs de missile contre Israël et les Etats du Golfe et prévenu que sa vengeance était "légitime".

Voici les principaux développements du conflit:

- Khamenei tué, nouvelles frappes sur l'Iran

L'armée israélienne dit avoir tué au total 40 haut gradés et dignitaires iraniens, dont Ali Khamenei, dans sa frappe initiale samedi, "en une minute", "en plein jour".

Selon le New York Times, la CIA américaine a appris qu'Ali Khamenei devait participer à une réunion de haut niveau samedi matin à Téhéran, ce qui a permis de le cibler.

De nouvelles explosions ont été entendues dimanche matin dans la capitale iranienne par des journalistes de l'AFP, l'armée israélienne faisant état de frappes "au coeur de Téhéran".

L'Iran avait confirmé la mort de l'ayatollah Khamenei dans la nuit, annonçant 40 jours de deuil et le début d'un processus de transition.

Cette transition sera assurée par un triumvirat composé du président iranien, Massoud Pezeshkian, du chef du pouvoir judiciaire en Iran, Gholamhossein Mohseni Ejeï, ainsi que du dignitaire religieux Alireza Arafi.

Des cris de joie ont résonné dans plusieurs quartiers de Téhéran samedi soir, selon des témoins.

La fille d'Ali Khamenei, son gendre et sa petite-fille ont également été tués, selon les médias iraniens. Ces derniers ont confirmé la mort de plusieurs haut responsables, notamment le chef d'état-major des forces armées Abdolrahim Moussavi, le ministre de la Défense, le chef des Gardiens de la Révolution, Mohammad Pakpour, le chef des renseignements de la police et un conseiller du guide suprême.

Pékin a déclaré "condamner fermement" la mort de Khamenei. Le président russe Vladimir Poutine a dénoncé une "violation cynique" de "la morale et du droit international".

En France, le gouvernement ne peut que "se satisfaire" de la mort de Khamenei, "dictateur sanguinaire", selon un porte-parole. La cheffe de la diplomatie de l'UE Kaja Kallas a évoqué pour sa part un "moment décisif" dans l'histoire de l'Iran.

- "Mort à l'Amérique"

Des milliers de personnes ont rendu hommage à Khamenei dans le centre de Téhéran dimanche matin aux cris de "A mort l'Amérique!", "A mort Israël!", selon des journalistes de l'AFP.

A Chiraz, dans le sud du pays, des foules se sont rassemblées pour réclamer vengeance pour Khamenei, selon un média local. Un rassemblement similaire a eu lieu à Yazd (centre).

Au Pakistan voisin, au moins neuf personnes sont mortes dimanche matin lors d'une manifestation pro-Iran au consulat américain.

En Irak, des centaines de manifestants ont tenté de prendre d'assaut la zone ultra-sécurisée hébergeant l'ambassade des Etats-Unis.

Dans le Cachemire indien, des milliers de musulmans chiites se sont rassemblés pour pleurer la mort de l'ayatollah, comme dans d'autres endroits du territoire indien. De nombreux manifestants ont lancé des slogans anti-israéliens et anti-américains lors ce rassemblement pour l'essentiel pacifique.

- Riposte iranienne

Venger la mort de Khamenei, "déclaration de guerre contre les musulmans", est un "droit et un devoir légitime", a dit dimanche le président iranien Massoud Pezeshkian.

Le responsable de la sécurité iranien a menacé de frapper Israël et les Etats-Unis "avec une force qu'ils n'ont jamais connue".

Le président américain Donald Trump avait auparavant menacé l'Iran d'une riposte militaire "sans précédent" en cas de représailles.

Le Hamas palestinien a condamné un "crime abominable" après la mort de Khamenei. Le Hezbollah libanais a pour sa part promis de "faire face à l'agression" des Etats-Unis et d'Israël.

L'Iran a annoncé dimanche de nouvelles frappes sur Israël et des bases américaines dans le Golfe et dans la région du Kurdistan en Irak.

Les sirènes d'alerte aérienne ont retenti en Israël et de fortes explosions ont été entendues notamment à Jérusalem, Ryad, Doha, Erbil, Manama et Dubaï, ont constaté des journalistes de l'AFP.

A Oman, médiateur clé dans les pourparlers américano-iraniens, épargné samedi, le port a attaqué par des drones dimanche matin selon l'agence de presse d'Etat. Une personne a été blessée. L'ambassade américaine a appelé ses ressortissants à rester confinés.

A Erbil, au Kurdistan irakien, au moins deux drones ont été interceptés et des sirènes ont retenti au consulat américain.

A Bahreïn, l'ambassade des Etats-Unis a autorisé le départ de son personnel non essentiel du pays et enjoint aux Américains d'éviter les hôtels de Manama.

Un haut responsable émirati a appelé l'Iran à revenir "à la raison": "Votre guerre n'est pas avec vos voisins".

Selon le Royaume-Uni, l'Iran a tiré deux missiles "en direction de Chypre" mais il est peu probable qu'ils visaient l'île.

L'Iran a par ailleurs annoncé à l'Union européenne la fermeture "de facto" du détroit d'Ormuz, par où transite 20% du pétrole brut mondial.

- Bilan provisoire

La pape a appelé dimanche à la fin de la "spirale de la violence" au Moyen-Orient.

A 17H30 GMT samedi, le Croissant-Rouge iranien a annoncé plus de 200 morts.

Le pouvoir judiciaire iranien a fait état d'au moins 108 morts dans une école de filles, un bilan invérifiable de source indépendante.

A l'ONU, l'Iran a dénoncé un "crime de guerre" devant le Conseil de sécurité.

A Abou Dhabi, aux Emirats, au moins une personne a été tuée et sept autres blessées dans un "incident" à l'aéroport, a annoncé ce dernier. Et un civil a été tué par des débris de missiles, selon le ministère de la Défense.

En Israël, une femme d'une quarantaine d'années a été tuée samedi soir dans la région de Tel-Aviv, selon les secours.

- Évacuations

La France est prête à évacuer des ressortissants du Proche-Orient "quand la situation le permettra", selon un porte-parole du gouvernement.

La Thaïlande se prépare également à évacuer ses ressortissants thaïlandais.

- Nucléaire

L'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) tiendra lundi une réunion extraordinaire à la demande de la Russie.

Samedi, l'AIEA a appelé à la "retenue afin "d'éviter tout risque pour la sécurité nucléaire des populations" au Moyen-Orient.

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