Un mémorial dédié aux Roms persécutés sous le nazisme va être érigé à Vienne, a indiqué jeudi le fonds autrichien d'indemnisation des victimes du national-socialisme dans un communiqué.
Il convient "d'accorder la place qui lui revient à un groupe de victimes qui, pendant des décennies, a été trop peu visible dans la conscience publique", a-t-il déclaré.
La mémoire officielle "doit désigner clairement la persécution et l'assassinat de la minorité rom et aborder ouvertement la responsabilité de l'Autriche", a souligné Emmerich Gärtner-Horvath, président du Conseil consultatif des Roms.
L'appel à projets sera lancé à l'automne.
Dès 1935, les lois de Nuremberg (lois raciales sur "la citoyenneté du IIIe Reich" et sur la "protection du sang allemand") affirmaient que "les Tsiganes appartiennent à des races impures".
Quelque 4.000 Roms autrichiens ont été déportés à Lackenbach (est), où 237 ont succombé, victimes des épidémies, du froid, des coups. De nombreux autres ont été envoyés par convois vers les camps d'extermination de Chelmno puis d'Auschwitz, en Pologne occupée par les nazis.
Seuls 10% des 11.000 Autrichiens roms ou appartenant à la communauté sinti, présente depuis le Moyen-Age dans les sociétés européennes occidentales, ont survécu.
Au niveau européen, la reconnaissance du génocide des Roms s'est imposée très lentement à partir des années 1980, grâce la mobilisation d'activistes nés après-guerre. Ce n'est qu'en 2015 que la date du 2 août a été reconnu comme "Journée européenne de commémoration de l'Holocauste des Roms".

