La CPI ordonne des réparations de 7,25 millions d'euros pour les victimes d'un ex-chef jihadiste malien

La Cour pénale internationale (CPI) a ordonné mardi des réparations à hauteur de 7,25 millions d'euros pour les victimes de l'ancien chef jihadiste malien Al Hassan, reconnu coupable en 2024 de crimes de guerres et crimes contre l'humanité.

Des "réparations collectives axées sur la communauté", des réparations individualisées axées sur la réinsertion, ainsi que des "mesures symboliques de satisfaction" ont été accordées à près de 65.202 victimes éligibles, a annoncé la juge Kimberly Prost, qui présidait l'audience.

"La chambre a évalué la responsabilité de M. Al Hassan en matière de réparations à environ 7.250.000 euros, soit l'équivalent de 4.755.688.250 francs CFA", a précisé la juge.

Al Hassan Ag Abdoul Aziz Ag Mohamed Ag Mahmoud, dit Al Hassan, 48 ans, était membre d'Ansar Dine, l'un des groupes armés jihadistes qui avait pris le contrôle de Tombouctou entre avril 2012 et janvier 2013, et y avait semé la destruction.

Parmi les crimes pour lesquels il a été condamné à dix ans de prison figurent: "traitement cruel en tant que crime de guerre" pour avoir flagellé un individu, "mutilation" pour avoir amputé une main, et "torture en tant que crime contre l'humanité et crime de guerre".

Celui qui était le chef de la police islamique de Tombouctou a aussi été reconnu coupable de procès illégaux et persécution religieuse.

Vêtu d'une robe ocre et d'un foulard traditionnel blanc, M. Al Hassan a écouté impassiblement l'ordonnance de réparations.

Les mesures de réhabilitation collective ordonnées par la CPI, qui siège à La Haye, comprendront "un soutien socio-économique, des programmes éducatifs ou des formations, ainsi qu'un soutien psychologique" aux victimes.

Celles et ceux qui ont souffert de torture et autres actes de mutilation bénéficieront de programmes de réhabilitation personnalisés.

La CPI a remarqué que les femmes et les filles avaient subi un fort préjudice moral et matériel "du fait du crime de persécution", indiquant que ce préjudice devait être reflété dans la mise en oeuvre des réparations.

"Compte tenu de la situation financière de M. Al Hassan, les réparations seront versées par l'intermédiaire du fonds au profit des victimes", a précisé la Cour dans un communiqué.

La CPI a également encouragé États, organisations, entreprises et particuliers à soutenir la mission et les efforts du fonds.

M. Al Hassan avait été acquitté des crimes de guerre de viol, d'esclavage sexuel et d'attaques contre des biens protégés, ainsi que du crime contre l'humanité concernant le mariage forcé.

L'ancien chef jihadiste avait été arrêté par les autorités maliennes et livré à la CPI en mars 2018.

Il devrait être libéré en mars 2027 au lieu de 2028, la Cour ayant estimé en juillet que cette réduction de peine était "dans l'intérêt de la justice", puisqu'il a renoncé à faire appel du jugement et de sa condamnation.

Inscrivez-vous à notre newsletter
Chaque fin de semaine (sauf exceptions), notre newsletter vous est délivrée par e-mail. Elle contient l'ensemble de nos contenus publiés depuis la précédente édition. Parfois nous en profitons pour annoncer un événement ou une publication majeure à paraître. Et c'est gratuit.
Poursuivez la lecture...