Les sénateurs américains ont confirmé mardi l'arrivée de Kevin Warsh au conseil des gouverneurs de la banque centrale des Etats-Unis (Fed), dernière étape avant qu'ils ne valident sa nomination à la tête de l'institution, en plein sursaut d'inflation dans le pays.
M. Warsh a été désigné par le président Donald Trump pour prendre la suite de Jerome Powell, dont le mandat prend fin vendredi.
Qualifié de "pantin de Trump" par l'opposition démocrate, M. Warsh bénéficie des voix de la courte majorité républicaine au Sénat et devrait recevoir prochainement un feu vert définitif.
En attendant, il est assuré de redevenir l'un des sept membres du conseil des gouverneurs de la Réserve fédérale, où il a déjà siégé de 2006 à 2011. Il pourra y rester 14 ans.
Les gouverneurs bénéficient de longs mandats dans le but de préserver la politique monétaire des pressions et alternances gouvernementales.
Le président Trump, lui, estime avoir son mot à dire. Il ne cesse de faire pression sur la banque centrale et ses responsables.
Nombre d'observateurs prédisent à M. Warsh le même sort si, à la tête de la Fed, il n'abaisse pas les taux d'intérêt.
Il lui faudra pour cela convaincre une majorité des membres du comité de la Fed qui vote sur les taux d'intérêt (douze personnes, dont le président de la banque centrale) à l'heure où l'inflation américaine déraille.
L'indice des prix à la consommation (CPI) d'avril, publié mardi, est en forte accélération à +3,8% sur un an, son rythme le plus élevé depuis mai 2023.
L'envolée des prix à la pompe liée à la guerre au Moyen-Orient en est largement responsable, mais d'autres postes de dépenses augmentent plus vite, en particulier les courses alimentaires.
Le conseiller économique de M. Trump, Kevin Hassett, s'était dit sûr "à 100%" dimanche que M. Warsh deviendrait cette semaine le prochain président de la Fed.
Selon M. Hassett, les marchés financiers sont "soulagés" de le voir arriver.
"Ils s'attendent à ce que la nouvelle direction de la Fed contribue à faire baisser les taux d'intérêt au fil du temps, bien sûr en fonction des données économiques", a-t-il dit sur la chaîne de télévision Fox News.
"Je ne mets aucune pression sur Kevin Warsh, mais nous savons que c'est une personne extrêmement intelligente et compétente, capable d'être très convaincante lorsqu'elle s'adresse à ses collègues", a-t-il ajouté.

