Limitation du veto à l'ONU en cas de crimes de masse: la France engrange onze nouveaux soutiens africains

La France a affirmé mardi avoir engrangé au sommet avec l'Afrique à Nairobi le soutien de onze nouveaux pays africains à son initiative pour limiter le droit de veto au Conseil de sécurité de l'ONU en cas de crimes de masse.

Le président français Emmanuel Macron a évoqué en fin de sommet "un soutien" pour "accompagner cette initiative visant à mettre fin à l'usage abusif du veto au Conseil de sécurité des Nations unies en cas de crimes de masse".

Dans un message sur le réseau X, le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot a précisé que "onze nouveaux pays" avaient "rejoint l'initiative portée par la France et le Mexique pour encadrer le droit de veto au Conseil de sécurité des Nations unies, portant le nombre total de soutiens à 118 pays".

"J'invite tous les pays qui ne l'ont pas encore fait à nous rejoindre!", a-t-il ajouté, saluant "une étape franchie pour protéger les peuples du monde contre les atrocités de masse: génocides, crimes contre l'humanité et crimes de guerre les plus graves".

Ces nouveaux soutiens incluent le Kenya, pays hôte du sommet, la Sierra Leone, le Liberia ou la Mauritanie.

Il manque désormais onze pays supplémentaire pour atteindre le seuil symbolique des deux tiers des membres de l'Assemblée générale des Nations unies.

Paris espère obtenir ces soutiens manquants d'ici la réunion de l'Assemblée générale en septembre, afin de soumettre une résolution au vote, a-t-on expliqué à l'AFP de source diplomatique.

Elle serait non contraignante mais, si adoptée à une telle majorité, la France espère qu'elle rende politiquement plus difficile pour un membre permanent du Conseil de sécurité (Chine, Etats-Unis, France, Royaume-Uni, Russie) d'user de son droit de veto dans ces cas extrêmes.

Selon son entourage, Jean-Noël Barrot a été à la manoeuvre pour relancer cette initiative née en 2013 mais qui était entre parenthèses ces dernières années. A la tribune new-yorkaise de l'ONU en septembre 2024, Emmanuel Macron avait appelé à la soutenir.

Le fonctionnement du Conseil de sécurité est largement paralysé par les veto en particulier de la Russie et des Etats-Unis. Un blocage qui provoque des critiques plus large sur l'inefficacité de l'ONU à peser dans la résolution des conflits.

Plusieurs pays africains étaient réticents à soutenir l'initiative française, limitée, de peur qu'elle ne se substitue à une réforme plus générale du Conseil de sécurité permettant une meilleure représentativité du continent, un dossier encalminé depuis des années.

fff/ayv/cpy

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