Hongrie: les députés votent contre la sortie de la CPI voulue par Orban

Les députés hongrois, issus des récentes élections, ont voté à une large majorité l'abandon du projet de l'ancien Premier ministre Viktor Orban de retrait de la Cour pénale internationale (CPI).

Sur les 199 élus au Parlement, 133 ont voté pour un rejet de la loi prévoyant une sortie du statut de Rome, le traité fondateur de la CPI, qui devait devenir effective le 2 juin, contre 37 votes contre et 5 abstentions.

Le Premier ministre conservateur pro-UE Peter Magyar, qui a remporté une victoire écrasante aux élections d'avril, a présenté le projet de loi en ce sens lundi et l'a fait adopter au Parlement selon une procédure accélérée.

Il revient au président Tamas Sulyok, allié de Viktor Orban, de promulguer la loi.

Vendredi, lorsque le gouvernement hongrois a annoncé qu'il allait annuler la procédure de retrait, l'organe législatif de la CPI avait salué une "décision importante".

Au pouvoir pendant 16 ans,Viktor Orban avait lancé la procédure le 3 avril 2025, alors qu'il recevait son allié, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, visé depuis 2024 par un mandat d'arrêt pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité dans la bande de Gaza.

Le Premier ministre hongrois d'alors avait alors qualifié la CPI de "tribunal politique, qui a perdu son impartialité, comme l'ont montré les décisions sur Israël". Sans rappeler que la CPI avait émis en même temps un mandat à l'encontre de l'ancien chef militaire du Hamas, Mohammed Deif, dont la mort a depuis été confirmée.

Peter Magyar, alors futur Premier ministre, avait annoncé le 20 avril que la Hongrie allait mettre fin à la procédure de retrait de son pays de la CPI et exécuter les mandats d'arrêt qu'elle a émis, y compris celui concernant Benjamin Netanyahu.

Interrogé par un journaliste sur le fait qu'il avait par ailleurs invité le Premier ministre israélien à Budapest le 23 octobre pour le 70e anniversaire du soulèvement contre les Soviétiques de 1956, Peter Magyar avait précisé qu'il avait invité tous les dirigeants avec lesquels il s'était entretenu par téléphone.

Seuls le Burundi et les Philippines se sont retirés de la CPI.

Créé en 2002 et soutenu par 125 Etats membres, le tribunal basé à La Haye vise à poursuivre les individus responsables des crimes les plus graves au monde, lorsque les Etats ne veulent pas ou ne peuvent pas le faire eux-mêmes.

Depuis sa création, la CPI a ouvert plus de 30 dossiers pour des crimes de guerre présumés, des crimes contre l'humanité, des génocides et des infractions contre l'administration de la justice. Mais elle est confrontée à un manque de reconnaissance et de moyens de coercition.

La Chine, Israël, la Russie et les Etats-Unis comptent parmi les pays qui ne reconnaissent pas la compétence de la CPI, ce qui entrave sa capacité à enquêter sur leurs ressortissants.

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