Le Venezuela annonce son retrait de la Cour pénale internationale

Le Venezuela va quitter la Cour pénale internationale (CPI), a annoncé vendredi le ministre des Affaires étrangères Felix Plasencia sur son compte X.

"Sur instructions de la présidente par intérim, Delcy Rodriguez, le Venezuela a communiqué au secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, sa décision ferme et irrévocable de dénoncer le Statut de Rome et d'engager son retrait définitif de la CPI", indique le texte.

"Le Venezuela considère que l'action de la Cour répond à un biais géographique avéré, qui a concentré son activité de manière disproportionnée sur des pays africains et latino?américains, au détriment du Sud global. Ce schéma révèle une justice internationale qui, loin d'être appliquée avec équité, a été instrumentalisée pour approfondir les inégalités entre les peuples et nier leur droit à l'autodétermination et à la souveraineté", selon le texte.

Les autorités vénézuéliennes avaient menacé à plusieurs reprises de quitter la CPI.

"La CPI n'a pas encore été informée d'une notification officielle de retrait auprès du Bureau des traités de l'ONU (...) nous regrettons toute décision de se soustraire à l'effort collectif visant à mettre fin à l'impunité pour les crimes internationaux les plus graves", a réagi la Cour dans un communiqué, précisant que "les retraits prennent effet un an après la notification".

"En outre, l'article 127(2) prévoit que, même après l'entrée en vigueur du retrait, l'Etat se retirant reste lié par les obligations nées pendant qu'il était un Etat partie. De même, le retrait n'affecte pas les obligations de coopération préexistantes découlant d'enquêtes ou de procédures pénales engagées avant qu'il ne prenne effet, ni ne porte en rien atteinte au traitement continu de toute affaire déjà examinée par la Cour avant la date à laquelle le retrait prend effet", souligne le texte.

- "Grande farce" -

La CPI a ouvert en 2018 une enquête pour de possibles crimes contre l'humanité sous la présidence de Nicolas Maduro, notamment après la vague de manifestations de 2017 durement réprimées par les autorités et pendant laquelle une centaine de personnes ont trouvé la mort.

M. Maduro a été capturé par les Etats-Unis le 3 janvier, son procès est fixé au 1er juin 2027.

En décembre 2025, le bureau du procureur de la CPI avait fermé son bureau de liaison à Caracas, estimant que le Venezuela ne coopérait pas suffisamment.

En 2024, le Bureau du procureur avait notamment appelé à "respecter l'Etat de droit" après la réélection contestée de M. Maduro et la répression des manifestations qui avaient suivi.

En 2021, Mme Rodriguez, alors vice-présidente, avait qualifié la procédure de la CPI de "grande farce. Un cas créé artificiellement. L'Etat vénézuélien défendait la paix et la tranquillité de notre peuple face à des manifestations extrêmement violentes".

Felix Plasencia, qui occupait le poste de chef de mission diplomatique du Venezuela aux États-Unis, est ministre des Affaires étrangères depuis le 13 juillet.

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