Le Ghana a annoncé ce week-end avoir lancé une nouvelle opération de rapatriement pour 1.000 de ses ressortissants d'Afrique du Sud, dans un contexte de violences xénophobes persistantes visant les immigrés.
L'Afrique du Sud, économie la plus riche du continent, attire depuis longtemps les migrants. Mais au cours des dernières semaines, le pays a été secoué par des manifestations et des violences, parfois meurtrières, à l'encontre des étrangers, accusés de prendre le travail des Sud-Africains.
Le gouvernement ghanéen a décidé de "reprendre les évacuations des ressortissants ghanéens présents en Afrique du Sud avec le lancement d'une nouvelle phase, à la suite des attaques xénophobes en cours contre les migrants dans ce pays", a annoncé le ministère ghanéen des Affaires étrangères samedi dans un communiqué.
Cette "dernière phase des évacuations devrait concerner environ 1.000 Ghanéens et s'effectuera par groupes. L'arrivée des premiers vols à Accra est prévue pour le dimanche 26 juillet et le lundi 27 juillet 2026", explique le ministère.
Un millier de Ghanéens ont déjà rapatriés d'Afrique du Sud au cours des trois derniers mois.
Des tensions diplomatiques sont apparues entre Pretoria et d'autres gouvernements africains, dont le Ghana, à la suite à des manifestations antimigrants en Afrique du Sud, qui ont déclenché une importante vague d'exode.
Plus de 160.000 étrangers ont quitté l'Afrique du Sud depuis fin mai, selon les données communiquées par différents pays et compilées par l'AFP.
Le président ghanéen John Mahama a de nouveau appelé jeudi l'Union africaine à inscrire à son agenda des discussions sur "la multiplication des attaques xénophobes" en Afrique du Sud, estimant que les autorités sud-africaines ne réagissaient pas "à la hauteur de ce que l'on pourrait attendre".
Le ministre sud-africain des Affaires étrangères, Ronald Lamola, s'était rendu la semaine dernière à Accra et avait qualifié les violences envers les étrangers d'"incidents isolés" tout en les condamnant.
Deux Ghanéens ont également saisi mi-juillet la Cour pénale internationale afin qu'elle enquête sur ces "attaques xénophobes répétées", une démarche que Pretoria a qualifiée d'"opportuniste".
Selon les autorités sud-africaines, les violences qui ont accompagné la récente campagne antimigrants ont fait au moins quatre morts - deux Mozambicains, un Malawite et un Ethiopien - et ont été marquées par des pillages et incendies volontaires de commerces.

