Une mission de l'ONU spécialisée en droits humains s'est dite lundi "profondément préoccupée" par la décision du Venezuela de quitter la Cour pénale internationale (CPI).
Le ministre des Affaires étrangères du Venezuela, Felix Plasencia, a annoncé vendredi sur son compte X que le pays avait communiqué au secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, "sa décision ferme et irrévocable de dénoncer le Statut de Rome et d'engager son retrait définitif de la CPI".
"Cette décision soulève de sérieuses inquiétudes quant à l'engagement du gouvernement en faveur de l'obligation de rendre des comptes et ne fait que renforcer l'impunité face aux violations des droits de l'homme", a déclaré la Mission d'établissement des faits de l'ONU sur le Venezuela, dans un communiqué.
"Elle intervient à un moment critique pour le pays, alors qu'il est urgent de garantir aux Vénézuéliens leurs droits à la justice, à la vérité et à un véritable établissement des faits passés", a relevé cette mission, créée en 2019 par le Conseil des droits de l'homme de l'ONU mais qui ne s'exprime pas au nom de l'organisation.
Les autorités vénézuéliennes avaient menacé à plusieurs reprises de quitter la CPI.
La CPI a ouvert en 2018 une enquête pour de possibles crimes contre l'humanité sous la présidence de Nicolas Maduro, notamment après la vague de manifestations de 2017 durement réprimées par les autorités et pendant laquelle une centaine de personnes ont trouvé la mort.
M. Maduro a été capturé par les Etats-Unis le 3 janvier, son procès est fixé au 1er juin 2027.
En décembre 2025, le bureau du procureur de la CPI avait fermé son bureau de liaison à Caracas, estimant que le Venezuela ne coopérait pas suffisamment.
"A ce jour, l'administration actuelle n'a pris aucune mesure significative pour faire avancer les enquêtes sur les graves violations et infractions internationales largement documentées qui ont été commises depuis plus d'une décennie", a souligné la mission de l'ONU sur le Venezuela lundi, affirmant que Caracas "cherche à contourner les mécanismes internationaux destinés" à faire répondre les responsables de leurs actes au niveau national.
La mission exhorte le gouvernement vénézuélien à revenir sur sa décision et l'appelle à coopérer pleinement avec tous les mécanismes internationaux de justice et les organes de défense des droits de l'homme.
"Les autorités doivent également s'engager à enquêter et à traduire en justice les personnes présumées responsables de crimes contre l'humanité et de violations graves des droits de l'homme, dans le cadre de procédures nationales conformes aux normes internationales", a-t-elle ajouté.

