Sri Lanka: l'ex-chef de la police condamné à mort pour avoir failli à son devoir lors des attentats de 2019

Un tribunal du Sri Lanka a condamné à mort vendredi l'ex-chef de la police Pujith Jayasundara pour son échec à empêcher les attentats islamistes du dimanche de Pâques de 2019, qui avaient fait 279 morts dont 45 étrangers dans plusieurs villes du pays.

Dans une décision prise à la majorité, les trois juges du tribunal spécial ont statué que l'ancien inspecteur général de la police avait failli à son devoir de prévenir les attaques, attribuées à un groupe extrémiste local.

M. Jayasundara, 66 ans, peut faire appel devant la Cour suprême.

Le Sri Lanka n'a procédé à aucune exécution depuis 1976, maintenant un moratoire non officiel sur la peine capitale.

Le jugement rendu vendredi intervient après un appel interjeté par l'État contre un jugement antérieur de février 2022, qui avait acquitté M. Jayasundara et Hemasiri Fernando, secrétaire à la Défense au moment des attaques. Tous deux étaient accusés de ne pas avoir pris en compte des informations alertant contre un risque d'attentats.

Au cours de la procédure, il a été révélé qu'un service de renseignement indien avait averti le Sri Lanka le 4 avril 2019 que des extrémistes islamistes pourraient commettre une attaque-suicide, mais que les autorités srilankaises n'avaient pris aucune mesure après cette mise en garde.

Les attentats commis le dimanche de Pâques le 21 avril 2019 avaient notamment ciblé trois églises chrétiennes et trois hôtels. Plus de 500 personnes avaient été blessées en plus des 279 tués.

MM. Fernando et Jayasundara avaient été arrêtés en 2019 et détenus pendant quatre mois avant d'être libérés sous caution.

Les procureurs avaient déclaré devant le tribunal que la "négligence" dont s'étaient rendus coupables les deux responsables s'apparentait à "un crime grave contre l'humanité".

M. Jayasundara a finalement été reconnu coupable de négligence ayant entraîné la mort de 279 personnes.

MM. Jayasundara et Fernando ont déclaré dans un témoignage devant une commission d'enquête parlementaire que le président Maithripala Sirisena n'avait pas respecté les protocoles établis pour l'évaluation des menaces à la sécurité nationale avant les attentats.

Ils ont affirmé que M. Sirisena, qui était à l'époque également ministre de la Défense et ministre de l'Ordre public, n'avait pas pris ces menaces au sérieux.

Le Sri Lanka compte quelque 800 condamnés à mort, selon des chiffres du gouvernement communiqués au parlement, leurs peines étant habituellement commuées en détention à vie.

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