11.04.08 - RWANDA/FRANCE - AGATHE HABYARIMANA DEMANDE LA CLOTURE DE L'ENQUETE SUR L'ATTENTAT CONTRE

PARIS, 11 avril 2008 (FH) - Agathe Kanziga, la veuve du président rwandais Juvénal Habyarimana, a demandé jeudi aux juges d’instruction français de clôturer leur enquête sur l’attentat contre l’avion présidentiel le 6 avril 1994, et de renvoyer devant la cour d’assises neuf Rwandais, proche de l’actuel président, visés par des mandats d’arrêts émis par la justice française, a indiqué son avocat vendredi, Me Philippe Meilhac.

« Il y a un certain nombre d’éléments qui militent en faveur de la mise en accusation devant une juridiction criminelle des personnes visées par les mandats d’arrêts », a déclaré Me Meilhac.

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« Cette demande répond à un souhait de notre cliente de voir que justice soit rendue », a-t-il ajouté.

Le parquet de Paris a ouvert en mars 1998 une information judiciaire à la suite de plainte déposées par des familles des membres de l’équipage français de l’avion du président Habyarimana. L’attentat du 6 avril 1994 qui lui a couté la vie, ainsi que celle du président burundais, Cyprien Ntaryamira, est considéré comme l’élément déclencheur du génocide au Rwanda. Ce n’est qu’en 2005 qu’Agathe Habyarimana s’est constituée partie civile dans ce dossier.

En novembre 2006, le juge d’instruction Jean-Louis Bruguière a lancé neuf mandats d’arrêts internationaux contre des proches du président rwandais, Paul Kagame, soupçonnés d’avoir participé, à divers degrés, à cet attentat. Cette intitiative du magistrat français, qui a depuis quitté la magistrature, a provoqué la rupture des relations diplomatiques entre la France et le Rwanda. Selon diverses sources non confirmées en France, les autorités rwandaises suspendraient la reprise de ces relations au retrait de ces mandats.

Depuis, certaines des personnes visées par des mandats d’arrêts ont fait savoir aux juges d’instruction, qui ont succédé à M. Bruguière, Marc Trévidic et Philippe Coirre, qu’ils souhaitaient être entendus soit au Rwanda soit dans un pays neutre. L’absence de réponse des juges laisse penser qu’ils n’entendent pas donner suite à une telle demande.

Le 13 mars dernier, le parquet de Paris a ouvert une information judiciaire contre X à la suite d’une plainte visant nommément Mme Habyarimana. Son avocat a précisé avoir demandé au juge saisi d’entendre sa cliente « le plus rapidement dans cette instruction ».

Arrivée en France après le génocide, Mme Habyarimana ne bénéficie d'aucun titre de séjour, a confirmé son avocat. Elle n’en avait pas depuis 1994 sans que cela ne choque personne a-t-il rappelé. Sa défense a déposé un pourvoi devant le Conseil d’Etat contre la décision de la Commission de recours des réfugiés de ne pas lui accorder l’asile politique en France.

AP/PB/GF