14.04.2004 - TPIR/MILITAIRES I - l'ARMEE RWANDAISE SAVAIT QUE LE FPR VOULAIT ELIMINER LE PRESIDENT H

Arusha, le 14 avril 2004 (FH)- Un témoin du parquet a affirmé mercredi devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) que les ex-Forces armées rwandaises (FAR) savaient qu'il existait un plan concocté par la rébellion à dominante tutsie du Front patriotique rwandais (FPR) visant l'élimination de l'ancien président Juvénal Habyarimana. l'objectif était de "torpiller les accords de paix afin de relancer les hostilités" a déclaré le témoin protégé "XXJ".

2 min 9Temps de lecture approximatif

Il est le cinquante-quatrième témoin à charge dans le procès de quatre hauts gradés des FAR.

En août 1993, à Arusha en Tanzanie, le gouvernement rwandais et le FPR avaient signé un accord de paix qui prévoyait notamment la mise sur pied D'un gouvernement de transition à base élargie et l'intégration de leurs forces armées.

l'attentat contre le président Habyarimana, dans la nuit du 6 avril 1994, suivi par le déclenchement anti-tutsi et des massacres D'opposants qui ont fait un million de morts en trois mois, a rendu caduc cet accord.

XXJ a rapporté qu'environ trois semaines avant la mort du président, son commandant D'unité avait dévoilé le plan du FPR, "contenu dans un document de cinq pages", au cours D'une réunion à laquelle auraient participé dix officiers.

En 1994, le témoin faisait partie D'un bataillon D'appui relevant de l'Etat major de l'armée rwandaise.

Il a indiqué que l'Etat major n'avait pas donné D'indications sur la manière dont "le plan" allait être exécuté, mais avait précisé que du point de vue de la rébellion, "parmi les moyens de continuer la guerre était l'élimination du président de la République."

C'est la première fois qu'un tel plan est évoqué depuis le début de ce procès en avril 2002.

Aussitôt le plan révélé, les militaires ont été placés en alerte pour défendre la ville de Kigali en cas de reprise des combats, a déclaré XXJ. Ils auraient été avertis que des éléments du FPR s'étaient déjà infiltrés dans la capitale.

D'après XXJ, des unités D'élite du bataillon de reconnaissance, de la Garde Présidentielle (GP) et des para-commandos devaient prendre position dans la ville de Kigali, avec pour cible principale le bâtiment du Conseil national de développement (CND) où cantonnaient un bataillon du FPR, suivant une disposition de l'accord de paix.

Ce procès dit "Militaires I" concerne l'ancien directeur de cabinet au ministère de la défense, le colonel Théoneste Bagosora, l'ancien responsable des opérations militaires à l'Etat major de l'armée, le général de brigade Gratien Kabiligi, l'ancien commandant de la région militaire de Gisenyi (ouest du Rwanda), le lieutenant-colonel Anatole Nsengiyumva, ainsi que l'ancien commandant du bataillon para-commando de Kanombe (Kigali), le major Aloys Ntabakuze.

Tous plaident non coupable aux accusations de génocide, de crimes contre l'humanité et de crimes de guerre retenues contre eux.

Le procès se déroule devant la première chambre de première instance du TPIR présidée par le juge norvégien Erik Mose, assisté des juges russe Serguei Egorov et fidjien Jai Ram Reddy.

XXJ poursuivra se déposition jeudi dans l'après-midi. Le procureur a proposé que la matinée soit consacrée à l'audition D'un autre témoin.

GA/AT/GF/FH (Ml''0414A)