30.03.2004 - TPIR/BUTARE - LA DEFENSE DE KANYABASHI MET EN DOUTE LA CREDIBILITE D'UN TEMOIN

Arusha, le 30 mars 2004 (FH)- Me Michel Marchand, l'avocat canadien de l'ancien maire de Ngoma, Joseph Kanyabashi, une des six personnes poursuivies pour génocide et crimes contre l'humanité commis en 1994 en province de Butare (sud du Rwanda), a mis en doute la crédibilité du quarante troisième témoin à charge lundi devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).

Me Marchand s'est basé sur trois déclarations antérieures du témoin aux enquêteurs du parquet qui, selon lui, contiennent des omissions et des contradictions.

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l'avocat canadien les comparait à la déposition du témoin devant les juges.

Le témoin a par exemple nié avoir entendu que des Inkotanyi, terme qui référait aux Tutsis pendant le génocide, et des Belges avaient descendu l'avion du président Habyarimana alors que cela se retrouve dans sa déclaration de 1996.

"J'ai fait cette déclaration mais je ne suis pas sûr de la date" a indiqué le témoin après avoir relu ce document. La chambre a ensuite poursuivi l'audience à huis clos.

Le témoin avait auparavant accusé Kanyabashi D'avoir participé à des massacres de Tutsis notamment à la paroisse de Ngoma.

Kanyabashi est coaccusé avec l'ancienne ministre de la famille et de la promotion féminine, Pauline Nyiramasuhuko, Arsène Shalom Ntahobali, fils de Nyiramasuhuko, deux ex-préfets de Butare, Sylvain Nsabimana et Alphonse Nteziryayo, ainsi que l'ancien maire de Muganza, Elie Ndayambaje. Tous plaident non coupable.

Le procès se déroule devant la deuxième chambre de première instance du TPIR présidée par le juge tanzanien William Hussein Sekule, assisté des juges malgache Arlette Ramaroson et ougandaise Solomy Balungi Bossa.

Le témoin a poursuivi sa déposition mardi.

AT/NI/GF/FH (BT''0330A)