26.02.2004 - TPIR/CYANGUGU - LES AVIS RESTENT PARTAGES AU LENDEMAIN DU VERDICT

Arusha, le 26 février 2004 (FH)- Les avis sont partagés après le jugement rendu mercredi par le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) dans le procès du groupe Cyangugu (sud-ouest du Rwanda).

l'ancien ministre André Ntagerura et l'ex-préfet Emmanuel Bagambiki ont été acquittés, tandis que le lieutenant Samuel Imanishimwe a été condamné à vingt sept ans de prison.

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André Ntagerura et Emmanuel Bagambiki ont salué leur acquittement, indiquant que le Tribunal leur a rendu justice. "J'ai accueilli cette décision avec joie justement , parce que J'attendais ce moment depuis longtemps", a notamment déclaré Emmanuel Bagambiki. "C'est un sentiment de reconnaissance que J'éprouve à l'endroit de tous les témoins qui sont venus expliquer ce que J'ai fait pour sauver des vies humaines à Cyangugu [&], pour m'opposer aux massacres", a poursuivi l'ancien préfet.

Son avocat belge, Me Vincent Lurquin, estime pour sa part que "c'est une décision qui est quand même courageuse, qui fait que la justice internationale commence à dire des choses de manière totalement indépendante après une lecture extrêmement approfondie du dossier".

l'avocat de Ntagerura, le Canadien Me Benoît Henry, de son côté, a indiqué : "c'est extraordinairement gratifiant D'arriver au terme D'un procès qui a duré trois ans et D'obtenir une décision D'acquittement. Cela donne confiance dans le processus judiciaire international".

Egalement interrogé à ce sujet, le porte-parole du TPIR, Roland Amoussouga, a souligné qu'il s'agit D'une juridiction indépendante et impartiale, qui tient compte des éléments de preuve présentés par les parties.

Me Henry a toutefois pressenti que cette décision pourrait mécontenter les autorités rwandaises, mais il a émis l'espoir que ces dernières finiront par la comprendre après analyse. Le gouvernement rwandais a effectivement exprimé sa déception et appelé le procureur du TPIR à faire appel. l'ancien représentant du Rwanda auprès du TPIR, Martin Ngoga, devenu procureur général adjoint de la République, a qualifié ce jugement de "plaisanterie". "C'est une décision impopulaire qui va coûter cher au Tribunal en termes de confiance", a-t-il déclaré.

Le procureur du TPIR, Bubacar Jallow, qui estime que son équipe a prouvé la culpabilité des tous les accusés, va faire appel. Tout comme l'avocate camerounaise, Me Marie-Louise Mbida, qui défend Imanishimwe.

"Je suis déçue par la condamnation qui vient D'être prononcée contre mon client. Mais en même temps je suis un peu satisfaite parce que les juges n'ont pas retenu sa responsabilité personnelle.", a indiqué Me Mbida.

Samuel Imanishimwe a été condamné pour des crimes commis par ses subordonnés." Je pense que les juges ont estimé que les soldats [qui ont des crimes]étaient du camp Karambo, mais il n'a pas été démontré qu'ils étaient sous la responsabilité D'Imanishimwe", a regretté l'avocate.

AT/GF/FH (Cy''0226B)