18.02.2004 - TPIR/GOUVERNEMENT II - LA DEFENSE DE BIZIMUNGU CONFRONTE UN TEMOIN A SES DECLARATIONS

Arusha 18 février 2004(FH) - La défense de l'ex-ministre de la santé, Casimir Bizimungu, a mis en doute la crédibilité D'un témoin à charge, le confrontant à ses déclarations mercredi devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).

Casimir Bizimungu est co-accusé avec trois autres membres du gouvernement intérimaire en place durant le génocide : les ex- ministres du commerce, Justin Mugenzi, des affaires étrangères, Jérôme Bicamumpaka, et de la fonction publique, Prosper Mugiraneza.

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Ils répondent chacun de six chefs D'accusation de génocide et de crimes contre l'humanité portant sur des massacres de Tutsis et autres exactions, commis D'avril à juillet 1994 à travers le Rwanda. Ils plaident non coupable.

Désigné par le pseudonyme "GIE" pour préserver son anonymat, le quatorzième témoin à charge est un Tutsi rescapé du génocide, qui travaillait au ministère de la santé en 1994.

Mardi, il avait accusé Bizimungu D'avoir "prôné les massacres" lors D'un entretien avec le personnel du Centre hospitalier de Kigali (CHK) le 12 avril 1994.

"Vous dites qu'à l'arrivée du Dr. Casimir Bizimungu, vous vous trouviez devant la porte du laboratoire près de la salle des urgences alors qu'hier vous avez affirmé que vous étiez devant la porte D'une chambre !", s'est étonnée Me Michelyne Chénard Saint-Laurent, l'avocate canadienne de l'ex- ministre.

"Ces deux endroits sont proches. Et dans tous les cas, nous nous trouvions dans l'enceinte de l'hôpital", a répondu le témoin.

l'avocate est par ailleurs revenue sur certaines dates évoquées par GIE en interrogatoire principal.

Le témoin avait notamment indiqué qu'il était resté caché au CHK du 11 avril au 26 mai 1994.

" Si je vous suggérais que le 19 mai (1994), le CICR (Comité international de la Croix Rouge) a déménagé complètement l'hôpital, y compris les malades, le personnel et toutes les personnes qui sy trouvaient ?", a demandé Mme Saint Laurent.

" Certaines personnes, moi même y compris, sont restées à lhôpital", a rétorqué le témoin. GIE avait D'autre part affirmé que l'accusé était ministre de la santé fin 1991.

Me Saint-Laurent lui a suggéré qu'à l'époque, Bizimungu était plutôt ministre des affaires étrangères. " Dans ce cas, je me serais trompé ", a répondu GIE.

A la suspension de l'audience mercredi en début D'après-midi, le témoin suivant, "GJY", venait à peine de commencer sa déposition. Il la poursuivra jeudi.

Appelé souvent "Gouvernement II", ce procès se déroule devant la deuxième chambre de première instance présidée par le juge sri-lankais Asoka de Zoysa Gunawardana, assisté du Kenyan Lee Gacuiga Muthoga et de la Pakistanaise Khalida Rashid Khan.

ER/AT/GF/FH (GVII''0218A)