13.02.2004 - TPIR/MILITAIRES I - UN TEMOIN A AFFIRME AVOIR ASSISTE A l'ASSASSINAT DU MINISTRE NDASIN

Arusha, le13 février 2004 (FH)- Un témoin a affirmé vendredi avoir assisté à l'assassinat de l'ancien ministre des affaires sociales, Landoald Ndasingwa, aux premières heures du génocide anti-tutsi et des massacres D'opposants en 1994.

Tutsi, membre du Parti Libéral (PL), Landoald Ndasingwa a été tué dans la matinée du 7 avril 1994 par des soldats rwandais.

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Plusieurs membres de sa famille, dont son épouse canadienne Hélène, ont été également assassinés.

Dénommé "EQ" pour des raisons de sécurité, le quarante deuxième témoin à charge se trouvait au domicile du ministre Ndasingwa lorsque sa résidence a été attaquée. Il a rapporté qu'un soldat de la garde présidentielle, armé D'un pistolet, a forcé sa chambre à coucher et l'a immédiatement exécuté. Le soldat a ensuite tué la mère de l'ancien ministre, son épouse, ses deux enfants et un domestique.

"J'étais là tout près de la porte. Il a tiré une seule fois dans la tête [de Ndasingwa], et il a fait de même pour tout le monde", a indiqué le témoin. M.EQ a ajouté que le soldat a ensuite "tiré dans les oreilles des victimes, pour les achever". Il l'a fait à la demande D'un adjudant qui l'accompagnait, a dit le témoin.

Plusieurs autres personnalités "modérées", dont l'ancien premier Agathe Uwilingiyimana et le président de la cour constitutionnelle, Joseph Kavaruganda, ont été également assassinées ce jour-là.

M. EQ aurait aperçu, chez Kavaruganda, des gardes du corps du colonel Théoneste Bagosora, un des accusés dans ce procès dit "Militaires I", dans lequel ce dernier comparait avec trois autres hauts gradés des ex-Forces armées rwandaises (FAR).

En contre-interrogeant le témoin, le co-conseil canadien de Bagosora, Me Paul Skolnik, a rejeté ses propos, faisant valoir que Kavaruganda avait été enlevé et assassiné loin de sa résidence.

l'avocat s'est fondé sur la déposition D'Annonciata Mukarubibi Kavaruganda, son épouse, fin novembre-début décembre 2003 devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).

La défense a en outre relevé plusieurs incohérences dans le récit de EQ relativement aux événements du 7 avril 1994.

Bagosora est co-accusé avec l'ancien responsable des opérations militaires à l'Etat major de l'armée rwandaise, le général de brigade Gratien Kabiligi, l'ancien commandant de la région militaire de Gisenyi (ouest du Rwanda), le lieutenant-colonel Anatole Nsengiyumva, ainsi que l'ancien commandant du bataillon para-commando de Kanombe, le major Aloys Ntabakuze.

Le procès se déroule devant la première chambre de première instance du TPIR présidée par le juge norvégien Erik Mose, assisté des juges russe Serguei Egorov et fidjien Jai Ram Reddy. Les débats se poursuivent lundi prochain.

GA/AT/GF/FH (Ml''0213A)