05.02.2004 - TPIR/BUTARE - l'EX-PREFET NTEZIRYAYO AURAIT ORDONNE DE "LIVRER" DES FEMMES TU

Arusha, le5 février 2004 (FH) - l'ancien préfet de Butare (sud du Rwanda), Alphonse Nteziryayo, aurait ordonné à des hommes qui s'étaient appropriés des filles tutsies pendant le génocide de "les livrer pour qu'elles soient tuées", a indiqué un témoin de l'accusation jeudi devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).

Dénommé "QAF" pour des raisons de sécurité, le vingt-septième témoin a ajouté que l'accusé a déclaré que si ces hommes ne s'exécutaient pas, ils seraient également tués.

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l'ancien préfet aurait tenu ces propos le 22 juin 1994 au cours D'une cérémonie D'investiture du maire de Muganza, Elie Ndayambaje, également accusé dans ce procès. Elie Ndayambaje a été reconduit à la tête de la commune Muganza en plein génocide. Il avait auparavant renoncé à cette fonction pour poursuivre des études à l'université.

Nteziryayo "a remercié la population pour avoir bien "travaillé", un néologisme utilisé pour référer aux massacres de Tutsis, a dit le témoin. "Celles-là ne peuvent pas être vos femmes. Comment pouvez les considérer comme vos femmes après avoir tué leurs parents?", aurait poursuivi l'ancien préfet, avant de donner l'ordre de les livrer à des tueurs.

Le témoin a ajouté que Ndayambaje a approuvé les propos tenus par le préfet et que lui-même a traité ces femmes de "saletés".

Nteziryayo et Ndayambaje sont coaccusés avec l'ancienne ministre de la famille et de la promotion féminine Pauline Nyiramasuhuko et son fils Arsène Shalom Ntahobali, l'ancien maire de Ngoma, Joseph Kanyabashi, ainsi qu'un autre ancien préfet de Butare Sylvain Nsabimana. Tous plaident non coupables.

Le procès se déroule devant la deuxième chambre de première instance du TPIR présidée par le juge tanzanien William Hussein Sekule, assisté de la Malgache Arlette Ramaroson et de l'Ougandaise Solomy Balungi Bossa.

AT/KN/GF/FH (BT''0205A)