29.01.2004 - TPIR/MILITAIRES I - NOUVEL AJOURNEMENT DU PROCES EN RAISON DE LA GREVE DES AVOCATS

Arusha, le 29 janvier 2004 (FH)- Le procès de quatre hauts gradés des ex-Forces rwandaises (FAR) a été reporté pour la deuxième journée consécutive en raison de la grève des avocats, a constaté jeudi l'agence Hirondelle.

" l'attitude de la défense est inacceptable et ne dessert aucun intérêt" a déclaré le juge norvégien Erik Mose, qui préside les débats, avant de prononcer l'ajournement.

1 min 31Temps de lecture approximatif

La chambre a suspendu les audiences jusqu'à vendredi matin. Le juge Mose a cependant averti que "la chambre sera obligée de poursuivre le procès si cette situation perdurait". Il a souligné que la grève résulte D'un désaccord entre les avocats et le greffe et ne devrait en aucun cas "servir de prétexte pour retarder la procédure."

La chambre doit entendre le trente huitième témoin à charge, le major canadien Brent Beardsley, qui était aide de camp du commandant de la Mission de l'ONU pour l'assistance au Rwanda (MINUAR), Roméo Dallaire.

Dallaire a clôturé sa déposition avant le déclenchement de la grève. Les avocats dénoncent "la dégradation de leurs conditions de travail".

Jeudi matin, la représentante américaine du procureur, Barbara Mulvaney, avait demandé que les avocats soient sanctionnés pour "outrage à magistrat".

Souvent appelé "Militaires I", ce procès concerne l'ancien directeur de cabinet au ministère de la défense, le colonel Théoneste Bagosora, considéré par le parquet comme le "cerveau" du génocide anti-tutsi de 1994, l'ancien responsable des opérations militaires à l'Etat major de l'armée, le général de brigade Gratien Kabiligi, l'ancien commandant de la région militaire de Gisenyi (ouest du Rwanda), le lieutenant-colonel Anatole Nsengiyumva, ainsi que l'ancien commandant du bataillon para-commando de Kanombe (Kigali), le major Aloys Ntabakuze.

Les débats se sont en revanche poursuivis dans le procès dit "Gouvernement II" qui concerne quatre anciens ministres du gouvernement intérimaire en place en 1994. Toutes les équipes de la défense était présentes mais un seul accusé, l'ancien ministre du commerce Justin Mugenzi, était dans le box.

Mugenzi est coaccusé avec l'ancien ministre de la santé Casimir Bizimungu, celui des affaires étrangères Jérôme Bicamumpaka, ainsi que celui de la fonction publique Prosper Mugiraneza. Le témoin cité cette semaine dépose contre Mugenzi.

GA/AT/GF/FH (Ml''0129A)