Crimes contre l’humanité au Liberia: procès requis en France contre un ex-commandant rebelle

1 min 13Temps de lecture approximatif

Le parquet national antiterroriste (PNAT) a requis un procès aux assises en France contre un ex-commandant rebelle libérien accusé d’actes de torture pendant la guerre au Liberia, a-t-on appris de source judiciaire.

Dans son réquisitoire daté du 28 octobre 2020, le PNAT demande que Kunti K., 45 ans, soit jugé pour « actes de torture » et « complicité d’actes de torture constitutifs de crimes contre l’humanité », des faits commis en 1993 et 1994, a précisé cette source à l’AFP.

Si les juges d’instruction suivaient les réquisitions du ministère public, il s’agirait du premier procès du pôle Crimes contre l’humanité du tribunal de Paris, créé en 2012, qui ne soit pas lié au génocide rwandais.

Une enquête préliminaire avait été ouverte contre Kunti K., un ressortissant libérien naturalisé néerlandais, à la suite d’une plainte déposée le 23 juillet 2018 par l’ONG Civitas Maxima.

Visé par un mandat d’arrêt, il avait été arrêté en région parisienne en septembre 2018 et mis en examen.

A l’époque, le colonel Eric Emeraux, alors à la tête de l’Office central de lutte contre les crimes contre l’humanité, les génocides et les crimes de guerre (OCLCHGCG), avait indiqué que Kunti K. avait rejoint la France en 2016 après avoir quitté les Pays-Bas et être passé par la Belgique.

Né le 1er décembre 1974, il a été commandant au sein de l’ULIMO (United Liberation Movement of Liberia for Democracy), faction de trois groupes armés » hostiles au mouvement de l’ex-président libérien Charles Taylor (le Front national patriotique du Liberia, NPFL), au moment de la première guerre civile dans ce pays d’Afrique de l’Ouest.

Ce conflit, l’un des plus atroces du continent africain, a fait quelque 250.000 morts entre 1989 et 2003.

Il a été marqué par des massacres commis par des combattants souvent drogués, des mutilations, des viols utilisés comme arme de guerre, des actes de cannibalisme et le recrutement forcé d’enfants soldats.

Nous soutenir
CONTRIBUEZ A UNE INFORMATION INDÉPENDANTE SUR LA JUSTICE INTERNATIONALE
Partout dans le monde, accéder à la justice et l’information est vital pour permettre à des sociétés de se reconstruire après des périodes de violence. C’est pourquoi il nous tient à coeur de proposer un média gratuit, aux méthodes journalistiques rigoureuses, accessible à tous, au Nord comme au Sud. Justice Info fonctionne sur des contributions. Pour donner à nos journalistes les moyens de vous informer en toute indépendance, chaque contribution compte. Régulière c’est mieux, exceptionnelle c’est bien aussi.
FAITES UN DON