02.12.2003 - TPIR/GOUVERNEMENT I - l'AVOCAT DE NZIRORERA ACCUSE UN TEMOIN DE "FABRIQUER" S

Arusha, le 2 décembre 2003 (FH) - l'avocat de l'ancien président du parlement intérimaire rwandais, Joseph Nzirorera, a accusé un témoin du parquet D'avoir "fabriqué" sa déposition, mardi devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).

Le troisième témoin du parquet dans le procès dit "Gouvernement I" avait allégué que Nzirorera aurait assisté à une réunion dans sa commune natale de Mukingo (province Ruhengeri, nord du Rwanda) en 1992, au cours de laquelle il aurait annoncé la création de la milice Interahamwe, devenue le fer de lance du génocide anti-tutsi de 1994.

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Nzirorera serait revenu à Mukingo quelques mois plus tard pour concrétiser son idée. Selon ce témoin désigné par le pseudonyme "GDG", pour des raisons de sécurité, Nzirorera aurait organisé, armé et donné des uniformes aux Interahamwe de Mukingo.

l'avocat américain, Me Peter Robinson, qui représente Nzirorera, a plaidé que le témoin a "fabriqué cette réunion". Il l'a en outre accusé D'avoir "inventé la distribution D'armes".

La déposition de GDG s'est terminée mardi soir. Me Robinson avait demandé un peu plus de temps pour contre-interroger ce témoin, mais sa demande a été rejetée par la chambre.

"Toutes les questions n'ont pas été examinées lors du contre-interrogatoire et mon client ne bénéficie pas D'un procès équitable", s'est plaint Me Robinson.

"Nous ne pouvons pas rester éternellement à écouter des questions qui ne nous paraissent pas pertinentes. D'autant plus qu'il [Me Robinson]a répété les mêmes questions", a estimé la présidente de la chambre, la juge sénégalaise Andrésia Vaz. Me Robinson a laissé entendre qu'il pourrait faire appel de la décision de le limiter lors des contre-interrogatoires.

Le Règlement du TPIR stipule que la chambre exerce un contrôle sur les modalités de linterrogatoire des témoins de manière notamment à "éviter toute perte de temps injustifiée." La chambre peut, par ailleurs, si elle le juge nécessaire, "autoriser des questions sur dautres sujets."

Joseph Nzirorera est coaccusé avec deux autres responsables de l'ex-parti présidentiel, le Mouvement républicain pour la démocratie et le développement (MRND), Mathieu Ngirumpatse, le président, et Edouard Karemera, le vice-président. Le troisième coaccusé est l'ancien ministre de l'enseignement primaire et secondaire sous le gouvernement intérimaire, André Rwamakuba. Ce dernier appartenait au Mouvement démocratique républicain (MDR), un parti D'opposition.

Le procès se déroule devant la troisième chambre de première instance du TPIR comprenant outre la juge Vaz, la juge italienne Flavia Lattanzi et la juge camerounaise Florence Rita Arrey.

AT/GF/FH(GVI'1202B)