01.12.2003 - TPIR/GOUVERNEMENT I - LE PARQUET CITERA SES TEMOINS DES FAITS A PARTIR DE MARDI

Arusha, le 1er décembre 2003 (FH) Le parquet citera ses témoins des faits à partir de mardi matin dans le procès de quatre anciens dignitaires rwandais accusés de génocide et de crimes contre l'humanité devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).

Connu sous l'appellation "Gouvernement I", ce procès a commencé le 27 novembre.

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Deux enquêteurs du bureau du procureur, l'Indien Upendra Singh Baghel et le Hollandais Antonio Maria Leucassen, ont jusque là témoigné. Ils ont présenté des cartes, des croquis ainsi que des photographies prises sur les sites de massacres allégués. Venu en deuxième position, Antonio Mario Leucassen a terminé sa déposition lundi, ouvrant ainsi la voie à la comparution des témoins des faits..

A la fin de la déposition D'Antonio Maria Leucassen, la chambre a entendu une requête du procureur alléguant qu'un des avocats de la défense a "intimidé des témoins" du parquet.

l'avocat mis en cause est l'Américain Me Peter Robinson, qui représente l'ancien président de l'assemblée nationale intérimaire et secrétaire général de l'ancien parti présidentiel, Joseph Nzirorera.

Le représentant du parquet, Don Webster (Jamaïque/Etats Unis), a affirmé que Me Robinson s'est rendu à la maison des témoins et a eu "une attitude menaçante" à leur égard.

"Les témoins ne se sentent plus en sécurité dans des maisons protégées",a indiqué Don Webster.

Me Robinson a répondu qu'il est passé par toutes les voies autorisées pour accéder aux dits témoins, ajoutant que ces derniers avaient préalablement marqué leur accord.

Me Robinson a déclaré qu'il a été surpris de constater qu'ils avaient subitement changé D'avis, après une entrevue avec des membres du bureau du procureur.

Don Webster a rapporté que les témoins avaient été particulièrement "troublés" par la présence D'un enquêteur rwandais de la défense, originaire de la même région qu'eux, qui servait D'interprète à Me Robinson.

l'avocat américain a indiqué que les allégations au sujet de l'enquêteur étaient sans fondement.

La juge présidente, la Sénégalaise Andrésia Vaz, a demandé à la section de protection des témoins de veiller à ce que, à l'avenir, le juriste qui souhaite rencontrer un témoin de la partie adverse le fasse en présence de celle-ci.

Nzirorera est coaccusé avec deux autres responsables de l'ex-parti présidentiel, Matthieu Ngirumpatse et Edouard Karemera, ainsi qu'avec l'ancien ministre de l'enseignement primaire et secondaire, André Rwamakuba.

Rwamakuba boycotte son procès, alléguant "une manipulation" de son dossier par le procureur.

Ce procès conjoint se déroule devant la troisième chambre de première instance du TPIR comprenant outre la juge Vaz, la juge italienne Flavia Lattanzi et la juge camerounaise Florence Rita Arrey.

AT/FH(GVI'1201A)