02.10.2003 - TPIR/MILITAIRES I - UN AUTRE EX-PARA-COMMANDO TEMOIGNE CONTRE NTABAKUZE

Arusha, le 2 octobre 2003 (FH) - Un autre ex-membre du bataillon para-commando de Kanombe (Kigali) entendu par le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) a réaffirmé jeudi que l'ancien commandant de cette unité D'élite, le major Aloys Ntabakuze, avait appelé au massacre de Tutsis en avril 1994.

Le vingtième témoin du parquet répondant au nom de code "DP" a déclaré que l'accusé aurait lancé cet appel dans la matinée du 7 avril 1994, au lendemain de l'attentat contre le président Habyarimana.

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Il répondait à l'interrogatoire en chef de la représentante suédoise du parquet, Christine Graham.

Dernier témoin de cette session, il dépose dans le procès dit "Militaires I" qui regroupe, outre Ntabakuze, trois autres hauts gradés des ex-Forces armées rwandaises (ex-FAR).

DP a affirmé que dans la nuit du 6 avril, "[Ntabakuze] est parti avec des CRAPS (Commandos de Recherches et D'Appui en Profondeur), ils ont passé la nuit sur le lieu de l'accident" (d’avion). l'accusé serait revenu le matin et aurait appelé ses soldats à combattre le FPR (l'ex-rébellion du Front Patriotique Rwandais à dominante Tutsie) et à tuer les Tutsis.

Deux autres anciens membres de l'unité D'élite dont Ntabakuze avait la charge en 1994 avaient formulé les mêmes allégations contre l'accusé, donnant cependant une indication différente du jour où l'accusé aurait appelé ses hommes à commettre les massacres.

Les témoins"XAI" et "DBQ", cités respectivement les 8 et 26 septembre, avaient affirmé que l'accusé avait lancé cet appel dans la nuit du 6 avril, juste après l'attentat contre le président.

Or, DP a situé cet événement le 7 avril "vers 11 heures". Avant de se rendre sur le lieu de l'attentat la nuit précédente, l'accusé en aurait simplement informé à ses hommes, les enjoignant de se tenir en "stand-by".

"Etes-vous certain que c'était la première fois que pareils ordres étaient donnés [par Ntabakuze]?", a demandé le fidjien Jai Ram Reddy, l'un des trois juges qui composent la première chambre de première instance du TPIR. "J'en suis sûr, Monsieur le juge", a répliqué DP.

Ntabakuze est co-accusé avec l'ancien directeur de cabinet au ministère de la défense, le colonel Théoneste Bagosora, considéré par le parquet comme "cerveau du génocide", l'ancien responsable des opérations militaires à l'Etat major de l'armée, le général de brigade Gratien Kabiligi, et l'ancien commandant de la région militaire de Gisenyi (ouest du Rwanda), le lieutenant-colonel Anatole Nsengiyumva.

Lors du contre-interrogatoire, Me André Tremblay, le co-conseil canadien de Ntabakuze, a suggéré qu'à l'heure du rassemblement allégué de la matinée du 7 avril, à savoir 11 heures, "mon client était dans une autre réunion à l'Ecole Supérieure Militaire (ESM)", près de l'Etat Major de l'armée.

l'avocat a aussi soutenu que la mobilisation des unités du bataillon para-commando visait le renforcement de la défense du camp Kanombe, alerte ayant été donnée que le FPR avait déjà commencé à attaquer le camp de la Garde Présidentielle (GP) et le quartier de Remera à Kigali.

Le procès est présidé par le juge norvégien Erik Mose, assisté des juges fidjien Reddy et russe Egorov.

Le contre-interrogatoire de DP se poursuit vendredi.

GA/CE/GF/FH (Ml'1002A)