30.09.2003 - TPIR/MILITAIRES I - LA DEFENSE DE BAGOSORA REJETE LES ALLEGATIONS D'UN TEMOIN A CHARGE

Arusha, le 30 septembre 2003 (FH) - La défense de l'ancien directeur de cabinet au ministère rwandais de la défense, le colonel Théonèste Bagosora, a rejeté mardi devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) les allégations D'un témoin du parquet selon lesquelles l'accusé se serait rendu au camp Kanombe (Kigali) dans la nuit du 6 avril 1994.

Le dix-huitième témoin de l'accusation dénommé "DBQ" a affirmé que Bagosora était arrivé au camp au cours D'un rassemblement qu'aurait convoqué le major Aloys Ntabakuze, alors commandant du bataillon para-commando de Kanombe.

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Les deux sont co-accusés avec deux autres hauts officiers des ex-Forces armées rwandaises (ex-FAR).

A cette occasion, le major Ntabakuze aurait ordonné à ses soldats de faire la chasse à "l'ennemi", autrement dit les Tutsis, les tenant responsables de la mort du président Habyarimana dont l'avion venait D'être abattu par des missiles sol-air. La réunion aurait duré "jusque vers une heure du matin", selon DBQ.

S'agissant de la présence alléguée de Bagosora à Kanombe à ce moment précis, le co-conseil canadien de l'accusé, Me Paul Skolnik, a soutenu qu' "il s'agit D'une information concoctée, inventée de toute pièce".

Me Skolnik a suggéré que son client a plutôt tenu une réunion dans la matinée du 7 avril à l'Etat Major de l'armée, à l'intention de hauts officiers et en présence du commandant de la MINUAR (Mission des Nations Unies pour l'Assistance au Rwanda), le Canadien Roméo Dallaire.

"Bagosora n'était pas à Kanombe la nuit précédente", a-t-il plaidé.

Bagosora est considéré comme "le cerveau" du génocide de 1994. Selon le procureur, l'accusé était, en 1994, "l'homme le plus puissant du pays", qui a "de facto" pris le contrôle des affaires politiques et militaires du Rwanda après l'attentat contre l'avion du président. "Il s'est imposé comme l'homme de la situation à même de gérer la crise", selon le parquet.

Bagosora et Ntabakuze sont co-accusés l'ancien responsable des opérations militaires à l'Etat major de l'armée, le général de brigade Gratien Kabiligi et l'ancien commandant de la région militaire de Gisenyi (ouest du Rwanda), le lieutenant-colonel Anatole Nsengiyumva. Ils plaident tous non coupable.

Ce procès dit "Militaires I" se déroule devant la première chambre de première instance du TPIR, présidée par le juge norvégien Erik Mose, assisté des juges russe Serguei Aleckseievich et fidjien Jai Ram Reddy.

Le 19è témoin du parquet répondant au nom de code "AR" a entamé sa déposition en fin D'après-midi.

GA/CE/GF/FH (Ml'0930A)