02.09.2003 - TPIR/NDINDABAHIZI - LE GOUVERNEMENT INTERIMAIRE ETAIT COMPOSE D'EXTREMISTES, SELON UN T

Arusha, le 2 septembre 2003 (FH) - Un témoin à charge dans le procès de l'ancien ministre des finances, Emmanuel Ndindabahizi, a affirmé que le gouvernement intérimaire dont l'accusé faisait partie, était composé déléments extrémistes, lors de sa déposition mardi devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).

Emmanuel Ndindabahizi, 53 ans, répond de trois chefs de génocide et crimes contre l'humanité portant sur des massacres de Tutsis à Kibuye (ouest du Rwanda), sa région D'origine.

1 min 46Temps de lecture approximatif

Il plaide non coupable. Son procès a commencé lundi.

Dénommé "GKH" pour des raisons de sécurité, le deuxième témoin de l'accusation a indiqué que le gouvernement, mis en place après l'attentat qui a coûté la vie à l'ancien président rwandais Juvénal Habyarimana, "ne comprenait que des ministres de tendance hutue power".

Selon le procureur, l'appellation "hutu power" s'appliquait à une coalition anti-tutsie née dans le paysage politique rwandais en 1993 et qui a joué un rôle de premier plan durant le génocide anti-tutsi et les massacres D'opposants qui ont fait un million de morts une année plus tard.

"Il n'y avait pas un seul Tutsi dans cette équipe gouvernementale", a souligné le témoin.

Comme l'accusé, M.GKH est originaire de Kibuye et membre du Parti social- démocrate (PSD). Emmanuel Ndindabahizi était président de ce parti à Kibuye.

Le témoin a indiqué que le parti PSD a D'abord été "une formation politique D'opposition, modérée et militant pour le bien-être social des Rwandais sans discrimination" mais que "le courant hutu power ne l'a pas épargné". l'essentiel de la déposition de GKH s'est déroulé à huis clos.

Dans sa déclaration liminaire à l'ouverture du procès, le représentant du procureur, le Nigérian Charles Adeogun-Phillips, avait cependant indiqué que le témoin GKH, ainsi que l'historienne américaine et activiste des droits de l'homme Alison Des Forges qui sera citée ultérieurement en qualité D'expert, montreront que les membres du gouvernement intérimaire étaient issus des factions opposées au partage du pouvoir entre Hutus et Tutsis consacré par les accords D'Arusha.

Signés en août 1993, les accords de paix D'Arusha visaient à mettre un terme à la guerre qui opposait depuis octobre 1990 le gouvernement rwandais D'alors dominé par les Hutus et l'ex-mouvement rebelle à majorité tutsie, aujourD'hui au pouvoir à Kigali, le Front patriotique rwandais (FPR).

Mardi en fin daprès-midi, l'accusation a cité son troisième témoin, qui a été également entendu à huis clos.

Le procès Ndindabahizi se déroule devant la première chambre de première instance du TPIR, présidée par le juge norvégien Erik Mose, assisté de la Pakistanaise Khalida Rachid Khan et de lOugandaise Solomy Balungi Bossa.

ER/AT/GF/FH (NB'0902A)