22.08.2003 - TPIR/MEDIAS - JEAN-BOSCO BARAYAGWIZA EST INNOCENT, AFFIRME SA DEFENSE

Arusha, le 22 août 2003 (FH)- l'ancien conseiller politique au ministère des affaires étrangères et membre du comité D'initiative de la Radio-télévision libre des Mille collines (RTLM), Jean-Bosco Barayagwiza, est innocent, a affirmé son avocat au cours de sa plaidoirie vendredi devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).

Jean-Bosco Barayagwiza est coaccusé avec deux autres personnes dans le cadre du procès "des médias de la haine".

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Il est poursuivi notamment pour entente et incitation directe et publique et publique à commettre le génocide.

"Jean-Bosco Barayagwiza est un homme probe, courageux, animé de sentiments que J'estime partageables" a déclaré l'avocat italien Me Giacomo Barletta Caldarera, qui défend l'accusé contre son gré.

Jean-Bosco Barayagwiza boycotte son procès depuis son ouverture le 23 octobre 2000 et ne reconnaît pas son avocat commis "dans l'intérêt de la justice".

Me Caldarera, qui a souligné la difficulté de défendre un accusé non consentant, a déclaré qu'il fondait son opinion sur les écrits de l'accusé ainsi que les témoignages recueillis auprès de ceux qui l'ont côtoyé.

l'avocat italien a affirmé que le procureur n'a pas prouvé la culpabilité de l'accusé.

Dans son réquisitoire au début de la semaine, le procureur a indiqué que Jean-Bosco Barayagwiza était "le numéro deux de la RTLM" après Ferdinand Nahimana, un de ses coaccusés.

Le procureur l'a en outre qualifié de premier responsable du parti taxé de radicalisme anti-tutsi, la Coalition pour la défense de la République (CDR).

Selon Me Caldarera, au lieu de prouver la conduite criminelle de l'accusé, le procureur a considéré que les organisations auxquelles il appartenait étaient "D'office" extrémistes.

Me Caldarera a estimé que le procureur n'a pas, entre autres, démontré que, de par ses statuts, la CDR discriminait les Tutsis.

"La CDR ne va pas prêcher la discrimination basée sur l'ethnie. La seule réalité qu'elle reconnaît, c'est l'existence de trois ethnies distinctes au Rwanda", les Hutus, les Tutsis et les Twas, a indiqué Me Caldadera.

l'avocat a nié que son client ait "idéologisé la supériorité ethnique"

Outre Barayagwiza et Nahimana, ce procès concerne également l'ancien directeur et rédacteur en chef de la revue Kangura, Hassan Ngeze.

Le procureur a requis la prison à vie contre les trois accusés. Comme les avocats de Nahimana et de Ngeze, Me Caldarera plaide l'acquittement. Le procès sera en délibéré dès vendredi après-midi. Une source au sein du TPIR a indiqué à l'agence Hirondelle que le verdict serait rendu "à la fin de l'année ou au début de l'année prochaine"

Le procès se déroule devant la première chambre de première instance du TPIR présidée par la juge sud-africaine Navanethem Pillay et comprenant en outre les juges norvégien Erik Mose et sri-lankais Asoka de Zoysa Gunawardana.

AT/GF/FH(ME'0822A)