14.08.2003 - TPIR/CYANGUGU - LA DEFENSE DU LIEUTENANT SAMUEL IMANISHIMWE PLAIDE l'ACQUITTEMENT

Arusha, le 14 août 2003 (FH) - La défense de l'ex-commandant du camp militaire de Karambo à Cyangugu (sud-ouest du Rwanda), le lieutenant Samuel Imanishimwe, a demandé son acquittement lors des plaidoiries finales jeudi devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).

Samuel Imanishimwe répond de sept chefs D'accusation portant sur le génocide, la complicité dans le génocide, des crimes contre l'humanité et des crimes de guerre.

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Le professeur congolais Jean-Pierre Fofe, co-conseil de Samuel Imanishimwe, a réfuté l'ensemble des accusations, déclarant que "la culpabilité de Samuel Imanishimwe n'existe pas".

Le professeur Fofe a notamment reproché au procureur le manque de rigueur. "C'est de l'amalgame du début jusqu'à la fin du procès", a-t-il estimé.

La défense D'Imanishimwe a dénoncé le caractère "vague" de l'acte D'accusation, qui, selon elle, ne permet pas de cerner la responsabilité pénale individuelle de l'accusé ou de ses subordonnés.

Le professeur Fofe a indiqué que si le procureur n'a pas prouvé au delà de tout doute raisonnable les crimes imputés à son client, celui-ci doit être acquitté, "car le doute profite à l'accusé".

Il a en outre rejeté en bloc les dépositions des témoins à charge, qui D'après lui, ne savaient pas distinguer, dans leur majorité, les rôles dévolus aux militaires et aux gendarmes. Ce sont les gendarmes, et non les militaires comme Samuel Imanishimwe, qui étaient chargés du maintien de la sécurité et du rétablissement de l'ordre, a laissé entendre le professeur Fofe.

l'avocate principale, la Camerounaise Marie-Louise Mbida, a abondé dans le même sens, ajoutant que les dépositions des témoins à charge relèvent "de la pure spéculation".

Elle a ensuite tenté de démontrer que "le procureur livre des éléments de preuve en vrac". "Il a manqué à son devoir, vous ne le ferez pas à sa place", a-t-elle fait remarquer aux juges.

Samuel Imanishimwe est co-accusé avec l'ancien préfet de Cyangugu, Emmanuel Bagambiki, ainsi que l'ancien ministre des transports et communications sous le gouvernement intérimaire, André Ntagerura.

Ses coaccusés ont déjà présenté leurs arguments. Ils ont également plaidé l'acquittement. La défense de Bagambiki a parlé D'une " pénible traversée du désert par le procureur à la recherche D'une preuve impossible". Pour sa part, celle de Ntagerura a qualifié l'acte D'accusation de "fourre-tout pouvant couvrir n'importe quoi ou rien à la fois".

Le parquet a requis l'emprisonnement à vie pour les coaccusés. Le procès se déroule devant l'ancienne troisième chambre de première instance du TPIR présidée par le juge de Saint-Kitts et Nevis George Lloyd George Williams, assisté des juges russe Yakov Ostrovsky et slovène Pavel Dolenc. Les plaidoiries se poursuivent vendredi.

GA/AT/GF/FH (CY'0814A)