13.08.2003 - TPIR/CYANGUGU - LES AVOCATS D'UN EX- PREFET ACCUSE DE GENOCIDE DEMANDENT l'ACQUITTEMENT

Arusha, le13 août 2003 (FH) -Les avocats de l'ancien préfet de Cyangugu (sud-ouest du Rwanda), Emmanuel Bagambiki, poursuivi pour génocide et crimes contre l'humanité, ont plaidé l'acquittement lors de leurs plaidoiries mercredi devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).

Le Belgo-Malien Me Seydou Doumbia, et le Belge Me Vincent Lurquin, qui défendent Emmanuel Bagambiki, ont à tour de rôle relevé que "le procureur n'a pas prouvé au delà de tout doute raisonnable" la culpabilité de leur client.

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"Le 6 avril [1994], Bagambiki a refusé de franchir le petit pont de la Rusizi [qui fait frontière avec la République démocratique du Congo] pour sauver des vies.[&]Son regret est de ne pas les avoir sauvées toutes", a plaidé Me Lurquin.

l'avocat belge voulait ainsi démonter l'argumentation du procureur selon laquelle l'accusé aurait dû prendre la fuite devant son incapacité D'arrêter les massacres.

Me Lurquin a affirmé que son client n'a jamais eu de dessein criminel, tel que l'allègue le procureur. Me Lurquin a indiqué que partout dans les sites où étaient rassemblés les réfugiés en province de Cyangugu, Emmanuel Bagambiki s'est personnellement investi pour les protéger. Il a à cet effet collaboré avec la gendarmerie, les responsables locaux et les autorités religieuses, a déclaré Me Lurquin.

Le défenseur D'Emmanuel Bagambiki a du coup réfuté l'ensemble des témoignages à charge, estimant qu'ils étaient sans aucun fondement.

Me Doumbia, pour sa part, a relevé les lacunes de l'acte D'accusation, reprochant au procureur de présenter "un dossier totalement vague". Pour lui, il est, entre autres, "juridiquement aberrant" qu'Emmanuel Bagambiki soit accusé de génocide et de complicité dans le génocide.

Emmanuel Bagambiki est co-accusé avec l'ancien ministre des transports et communication sous le gouvernement intérimaire, André Ntagerura, et l'ancien commandant du camp militaire de Karambo à Cyangugu, le lieutenant Samuel Imanishimwe.

Débuté le 18 septembre 2000, le procès du groupe Cyangugu se déroule devant l'ancienne troisième chambre de première instance du TPIR présidée par le juge de Saint-Kitts et Nevis George Lloyd George Williams, assisté des juges russe Yakov Ostrovsky et slovène Pavel Dolenc.

La défense D'Imanishimwe présentera ses arguments finaux jeudi.

GA/AT/GF/FH (CY'0813A)