16.07.2003 - TPIR/MILITAIRES I - NSENGIYUMVA AURAIT DIRIGE UNE ATTAQUE CONTRE UNE FAMILLE TUTSIE EN

Arusha, le 16 juillet 2003 (FH) - Un témoin du parquet a affirmé mercredi devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) que l'ancien commandant de la région militaire de Gisenyi (ouest du Rwanda), le lieutenant-colonel Anatole Nsengiyumva avait conduit une attaque contre une famille Tutsie le 7 avril 1994.

Le onzième témoin de l'accusation, dénommé "OQ", a allégué que cet officier supérieur est venu à son domicile en compagnie de miliciens de l'ex-parti présidentiel, les Interahamwe.

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Les Interahamwe portaient "un sac aux couleurs militaires" rempli de grenades, a-t-il dit.

"Nsengiyumva a garé son véhicule sur la route et pointé du doigt notre maison", a déclaré le témoin.

Les Interahamwe auraient immédiatement pris D'assaut le domicile de OQ et tué six membres de sa famille, dont son frère aîné.

Le témoin a expliqué qu'il avait réussi à se cacher chez un voisin hutu. Plus tard, OQ a trouvé refuge sur le mont Rubavu, surplombant la ville de Gisenyi.

Le témoin a indiqué avoir appris que les membres de sa famille ont été "découpés à la machette".

Le témoin a indiqué que du mont Rubavu, il pouvait de temps en temps apercevoir Nsengiyumva à la "Commune Rouge", un nom de code qui, selon le procureur, désignait un site à Gisenyi, où des Tutsis étaient exécutés et enterrés durant le génocide de 1994.

OQ a expliqué aux juges qu'il connaissait Nsengiyumva longtemps avant le génocide, car "il venait souvent chez nous courtiser ma sœur aînée".

Lors du contre-interrogatoire mené par le co-conseil D'Anatole Nsengiyumva, l'avocat kenyan Me Ottachi Bw'Omanwa, OQ a néamoins été incapable de préciser le type de véhicule à bord duquel voyageait l'accusé. "C'était une jeep militaire," a-t-il toutefois rectifié par la suite.

Anatole Nsengiyumva est coaccusé avec l'ancien directeur de cabinet au ministère de la défense, le colonel Théoneste Bagosora, l'ancien responsable des opérations militaires à l'Etat major de l'armée, le général de brigade Gratien Kabiligi, ainsi que l'ancien commandant du bataillon para-commando de Kanombe (Kigali), le major Aloys Ntabakuze.

Accusés notamment D'entente en vue de commettre le génocide et de crimes de guerre, ils plaident non coupables.

Le procès des "Militaires I" se déroule devant la première chambre de première instance présidée par le juge norvégien Erik Mose et composée en outre des juges russe Serguei Aleckseievich et fidjien Jai Ram Reddy.

Me Ottachi clôturera le contre-interrogatoire de OQ jeudi. Les autres conseils n'envisagent pas de lui poser des questions, car il n'a pas mis en cause leurs clients.

GA/AT/GF/FH (Ml'0716A)