15.07.2003 - TPIR/KAJELIJELI - LE PROCUREUR REQUIERT LA PEINE MAXIMALE

Arusha 15 juillet 2003 (FH) – Le Procureur a requis mardi la prison à perpétuité pour Juvénal Kajelijeli, l'ancien maire de Mukingo (province de Ruhengeri, nord du Rwanda) poursuivi pour génocide devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).

«L’accusation requiert que la chambre impose à Juvénal Kajelijeli une peine de prison pour le restant de sa vie », a demandé la représentante du Procureur, la Nigériane Ifeomi Ojemini, au terme de son réquisitoire.

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Elle a appelé la chambre à considérer que si l’accusé était jugé dans son pays, il serait classé « génocidaire de la première catégorie » et donc passible de la peine capitale.

La prison à perpétuité est la peine maximale qui puisse être prononcée par le TPIR.

« Il s’est trouvé au centre de l’organisation de centaine de tueurs, d’une communauté entière pour commettre des milliers de meurtres de civils tutsis sans défense dans la préfecture de Ruhengeri », a soutenu Mme Ojemini. La représentante du Procureur a expliqué que l’accusé a failli « éliminer toute la population tutsie des communes Mukingo, Nkuli et Kigombe par sa participation directe, son incitation, sa planification et les attaques qu’ il a ordonnées ».

L’ ex-maire répond de huit chefs d’accusation portant sur des massacres et des viols commis d’avril à juillet 1994 dans la commune Mukingo et ses environs.

L’accusé, 52 ans, fut maire de Mukingo de 1988 à 1993 puis de juin à juillet 1994, date à laquelle il a pris le chemin de l’exil, fuyant l’avancée de la rébellion tutsie du Front patriotique rwandais (FPR) aujourd’ hui au pouvoir.

Circonstances aggravantes
« Le fait que Juvénal Kajelijeli était un dirigeant et un fondateur des Interahamwe constitue une forte circonstance aggravante », a poursuivi l’accusation. Il était « zélé dans la perpétration de ces crimes et il les a commis systématiquement et méthodiquement », a encore argumenté le bureau du Procureur.

Mme Ojemini a enfin noté que « jusqu’à ce jour, Kajelijeli n’a pas montré de signes de remords », estimant que « cela représente des circonstances aggravantes ».

Ce réquisitoire avait débuté lundi.

Mardi après- midi, le conseil principal de l’accusé, Lennox Hinds a commencé la présentation de sa plaidoirie. L’avocat américain devrait clore sa plaidoirie mercredi. Après les conclusions des parties, l’affaire sera mise en délibéré devant les trois juges de la deuxième chambre de première instance du TPIR : le Tanzanien William Hussein Sekule (président), la Malgache Arlette Ramaroson et le Lesothan Winston Churchill Matanzima Maqutu.

ER/CE/GF/FH (KJ’0715’A)