25.03.2003 - TPIR/MEDIAS - KANGURA EST UNE REPRODUCTION DE l'HISTOIRE DU RWANDA, SELON NGEZE

Arusha, le 25 mars 2003 (FH) - La revue Kangura est une reproduction de l'histoire mouvementée du Rwanda, a affirmé mardi Hassan Ngeze, un des trois accusés dans le procès des "médias de la haine", en cours devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).

Ancien directeur et rédacteur en chef de Kangura, Hassan Ngeze témoigne depuis lundi pour sa propre défense.

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Sa déposition a été centrée, jusqu'ici, sur l'histoire du Rwanda.

Hassan Ngeze, qui a refusé les services de ses avocats, a indiqué qu'il entendait expliquer le contenu de sa publication en se basant sur des livres D'histoire. "Ce qui est écrit dans Kangura du n° 1 au n° 73 fait partie de l'histoire rwandaise", a déclaré Hassan Ngeze.

"Je n'ai rien créé, c'est l'histoire de mon pays[…]Tout ce que J'ai écrit dans Kangura, c'est ce sur quoi les historiens étrangers se sont penchés", a-t-il dit, citant plusieurs ouvrages traitant des relations conflictuelles entre les Hutus et les Tutsis du Rwanda depuis les années 1950.

Ngeze envisage de témoigner pendant une semaine.

Selon son plan de défense, communiqué par e-mail à une cinquantaine de personnes, dont des journalistes, l'accusé devrait évoquer son passé de journaliste de "1978 à 1997", ainsi que la manière dont il aurait sauvé des Tutsis persécutés pendant le génocide de 1994 malgré les menaces de mort qui pesaient sur lui. Il entend D'abord se pencher sur conflit hutu-tutsi "qui même aujourD'hui est loin D'avoir pris fin",

Hassan Ngeze compte ensuite parler de l'aide qu'il aurait fournie à des journalistes étrangers pour que ceux-ci "alertent la communauté internationale afin de voir si elle pouvait intervenir et remédier à la situation" entre avril et juin 1994.

Hassan Ngeze est coaccusé avec deux responsables présumés de la Radio-télévision libre des Mille collines (RTLM), Ferdinand Nahimana, et Jean-Bosco Barayagwiza. Ils plaident non coupable.

Hassan Ngeze a également affirmé, mardi, qu'il s'intéressait aux activités du TPIR avant même son arrestation, en juillet 1997. "Très souvent je prenais place dans la galerie publique pour suivre les audiences dans [l'affaire de l'ex-maire Jean-Paul] Akayesu", a-t-il dit.

Leur procès se déroule devant la première chambre de première instance du TPIR présidée par la juge sud-africaine Navanethem Pillay et comprenant en outre les juges norvégien Erik Mose et sri-lankais Asoka de Zoysa Gunawardana.

La déposition de Ngeze se poursuit mercredi. Il devrait notamment s'expliquer sur le contenu de sa publication.

AT/CE/GF/FH (ME'0325AA)