13.03.2003 - TPIR/BUTARE - DES TUTSIS AURAIENT ETE MIS DANS DES SACS PUIS BATTUS

Arusha 13 mars 2003 (FH)- Des Tutsis ont été introduits dans des sacs puis battus par des miliciens Interahamwe, principaux bras du génocide rwandais de 1994, a affirmé jeudi un témoin à charge dans le procès du groupe de Butare (sud du Rwanda), en cours devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) .

"A plusieurs reprises, des Tutsis qui s’étaient réfugiés dans la forêt de Rango (province de Butare) ont été soulevés de terre, introduits de force dans des sacs et battus par des Interahamwe", a raconté le vingt-et-unième témoin du parquet.

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Le témoin FAP, ainsi dénommée pour des raisons de sécurité, a déclaré avoir elle-même subi ce supplice, ainsi qu’une femme enceinte qui a fait une fausse couche par la suite.

FAP était contre-interrogée par Me Michel Marchand, conseil de l’ancien maire, Joseph Kanyabashi.

En juin 1994, des centaines de Tutsis étaient allés chercher refuge à Rango, accompagnés du maire Kanyabashi, selon le témoin. FAP a également indiqué que Kanyabashi avait laissé ces réfugiés à Rango après avoir dit publiquement que "la décision à leur sujet sera prise le 5 juillet". L’ancien maire s’adressait, selon le témoin, à deux hommes "en charge de ces réfugiés".

"Kanyabashi entendait par là que nous allions être exterminés le 5 juillet, jour prévu pour l’enterrement des restes du président Juvénal Habyarimana", a interprété le témoin.

Cinq autres accusés comparaissent dans ce procès : l’ancienne ministre de la famille et de la promotion féminine, Pauline Nyiramasuhuko, son fils Arsène Shalom Ntahobari , les anciens préfets de Butare, Sylvain Nsabimana et Alphonse Nteziryayo ainsi qu’ Elie Ndayambaje, ancien maire comme Kanyabashi.

Elie Ndayambaje n’a pas été mis en cause par ce témoin dont le contre-interrogatoire s’est terminé en fin de journée.

Seuls les conseils de Nyiramasuhuko, Ntahobari et Kanyabashi ont contre-interrogé le témoin jeudi.

Les débats se poursuivent lundi prochain.

Le procès se déroule devant la deuxième chambre de première instance du TPIR présidée par le Tanzanien William Hussein Sekule et comprenant, en outre, les juges Arlette Ramaroson de Madagascar et Winston Churchill
Matanzima Maqutu du Lesotho.

ER/CE/GF/FH (BU'O313A)