05.03.2003 - TPIR/MEDIAS - LES AVOCATS DE NAHIMANA FONT APPEL D'UNE DECISION DE NE PAS AUTORISER LA

Arusha, le5 mars 2003 (FH) - La défense de Ferdinand Nahimana, un des trois accusés dans le procès des médias, a fait appel mardi de la décision rendue par la première chambre de première instance du Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) de ne pas autoriser la déposition D'un de ses témoins experts.

l'avocat français Me Jean-Marie Biju-Duval et sa consoeur anglaise Me Diana Ellis, qui représentent Nahimana, ont déposé cette requête, alors que la chambre entend les témoins de la défense de Hassan Ngeze, le deuxième accusé dans cette affaire.

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La défense de Nahimana avait demandé à citer quatre témoins experts, mais la chambre de première instance a écarté l'Allemand Helmut Strizek, estimant que sa déposition n'est pas pertinente.

Ex-fonctionnaire de l'Union Européenne (anciennement Communauté Européenne), le Dr Strizek a vécu au Rwanda pendant plusieurs années. La défense voulait notamment le faire déposer sur l'identité de ceux qui ont abattu l'avion du président rwandais Juvénal Habyarimana, le 6 avril 1994.

l'attentat contre l'avion de Habyarimana a marqué le début du génocide anti-tutsi et des massacres D'opposants qui ont fait un million de morts en trois mois.

Les trois autres experts proposés ont été acceptés, mais l'un D'entre eux, Barrie Collins, a été limité dans sa déposition. La chambre a refusé que Barrie Collins explique les accords D'Arusha, stipulant qu'elle "n'a pas besoin de l'assistance D'un expert pour comprendre les accords D'Arusha."

Les deux autres témoins sont des experts militaires qui parleront du rôle des différentes forces présentes au Rwanda pendant le génocide. l'un s'appelle Peter Caddick-Adams, le nom de l'autre n'apparaît pas dans la requête.

Nahimana a déjà cité onze témoins des faits dans ce procès qui a commencé en octobre 2000.

Nahimana, un ancien professeur D'université et promoteuur allégué de la Radio-télévision libre des Mille collines (RTLM), et l'ancien directeur et rédacteur en chef de la revue Kangura, Hassan Ngeze, sont coaccusés avec Jean-Bosco Barayagwiza, un ancien politicien, également membre du comité D'initiative de la RTLM.

Les trois sont poursuivis pour utilisation de leurs médias respectifs à des fins de génocide. Ils plaident non coupables.

Mercredi, la chambre n'a pas siégé pour la deuxième journée consécutive, un des juges, le Sri-Lankais Asoka de Zoysa Gunawardana étant indisponible. La date de la reprise des débats n'est pas connue.

Même si le juge norvégien Erik Mose qui était absent depuis lundi est de retour au siége du TPIR, la juge sud-africaine Navanethem Pillay, à son tour, a quitté Arusha pour la Haye où elle doit prêter serment en tant qu'un dix-huit juges de la Cour pénale internationale permanente. Elle ne devrait pas être de retour avant le 12 mars.
AT/KN/CE/GF/FH(ME'0305A)