28.10.2002 - TPIR/MEDIAS - NAHIMANA PRÔNAIT LA DEMOCRATIE INTEGRALE, SELON UN TEMOIN DE LA DEF

Arusha, le 28 octobre 2002 (FH) - Ferdinand Nahimana, un des accusés dans le procès des anciens responsables des "médias de la haine" prônait la démocratie pour résoudre les problèmes ethniques au Rwanda, a affirmé un témoin de la défense, lundi devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).

Le témoin I 2, qui a terminé sa déposition lundi soir en faveur de Nahimana, a indiqué qu'ils partageaient les mêmes vues politiques.

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"La solution aux problèmes ethniques, c'était la démocratie intégrale. Dans la démocratie, il n'y a pas de discrimination. Et tous les problèmes de régionalisme et D'ethnisme étaient considérés par Nahimana et moi-même comme résultants du manque de démocratie intégrale", a déclaré le témoin.

Le parquet allègue que Ferdinand Nahimana était un régionaliste et un ethniste. l'accusé nie ces allégations.

Le témoin a indiqué que Ferdinand Nahimana était parmi ceux qui pensaient qu'il fallait créer un climat serein pour que les partis politiques au Rwanda puissent exposer leurs programmes et solliciter le choix des citoyens.

"Nous étions pour l'arrêt de la guerre et l'organisation des élections, pour que la population puisse se prononcer sur la façon dont elle souhaitaitait être gouvernée", a déclare en substance le témoin.

Promoteur allégué de la Radio-télévision libre des Mille collines (RTLM) qui a incité au génocide anti-tutsi et aux massacres D'opposants en 1994, Ferdinand Nahimana est coaccusé avec l'ancien conseiller politique au ministère des affaires étrangères et membre du comité D'initiative de la RTLM, Jean-Bosco Barayagwiza, ainsi qu'avec l'ancien directeur et rédacteur en chef de la revue Kangura, Hassan Ngeze. Le témoin a affirmé que la RTLM avait été créée pour favoriser le débat contradictoire.

Le procès des anciens responsables des médias se déroule devant la première chambre de première instance du TPIR présidée par la juge sud-africaine Navanethem Pillay et comprenant en outre les juges, norvégien Erik Mose et sri-lankais Asoka de Zoysa Gunawardana.

La juge Pillay est absente cette semaine pour une réunion au Conseil de sécurité de l'ONU et les débats se poursuivent en présence de deux juges seulement.
Le réglememt du TPIR permet la continuation des audiences au cas où l'absence D'un juge n'excède pas cinq jours.

AT/GF/FH (me-1028a )