28.05.2002 - TPIR/MEDIAS - NGEZE N'EST PAS COUPABLE D'ENTENTE EN VUE DU GENOCIDE, SELON SA DEFENSE

Arusha 28 mai 2002 (FH) - l'ancien directeur et rédacteur en chef de la revue Kangura, Hassan Ngeze, n'est pas coupable D'entente en vue de commettre le génocide anti-tutsi et les massacres D'opposants perpétrés en 1994, a plaidé son avocat, mardi dans le procès des anciens responsables des "médias de la haine", en cours devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda(TPIR).

l'avocat américain Me John Floyd contre-interrogeait pour la deuxième journée consécutive l'historienne américaine et activiste des droits de l'homme, Alison Des Forges, citée par le parquet comme témoin expert.

1 min 33Temps de lecture approximatif

l'accusation allègue que Hassan Ngeze s'est entendu avec D'autres, dont ses deux coaccusés, pour préparer et exécuter les massacres dans lesquels un million de personnes ont trouvé la mort, selon un récent bilan du gouvernement rwandais.

Hassan Ngeze est coaccusé avec l'ancien conseiller politique au ministère des affaires étrangères et membre du comité D'initiative de la Radio-télévision libre des Mille collines (RTLM), Jean-Bosco Barayagwiza, ainsi que l'ancien promoteur de la RTLM, Ferdinand Nahimana. Tous plaident non coupables.

Me Floyd a affirmé que Hassan Ngeze ne collaborait avec personne dans l'entourage du pouvoir mais que par contre, il avait été torturé et plusieurs fois mis en prison sous le régime de l'ancien président Juvénal Habyarimana. "Il n'était pas dans l'entourage de Habyarimana. C'était quelqu'un qui essayait seulement de vendre son journal, c'était quelqu'un qui essayait de satisfaire ses lecteurs et qui n'a rien à voir avec l'entente dont vous parlez", a suggéré Me Floyd. l'avocat américain a ajouté que si la chambre le souhaite, "on peut lui montrer les cicatrices de tortures" que porte Hassan Ngeze, suite à ses démêlés avec le pouvoir.

Alison Des Forges a répondu : "C'est probable que M.Ngeze ait souffert, ait été passé à tabac, ait été envoyé en prison, subi toutes sortes de tortures par le pouvoir. Mais cela ne signifie pas qu'il n'ait pas, en D'autres périodes, bénéficié de contacts favorables".

Le procès des médias se déroule devant la première chambre de première instance du TPIR présidée par la juge sud-africaine Navanethem Pillay et composée en outre des juges, norvégien Erik Mose et sri-lankais Asoka de Zoysa Gunawardana. La déposition D'Alison Des Forges se poursuivait mardi après-midi.

AT/GF/FH(ME-0528A)