17.05.2002 - TPIR/MEDIAS - HASSAN NGEZE PRÔNAIT LA PAIX, SELON SON AVOCAT

Arusha 17 mai 2002 (FH) - l'ancien directeur et rédacteur en chef de la revue Kangura, Hassan Ngeze, n'a jamais incité au génocide anti-tutsi et aux massacres D'opposants mais prônait plutôt la paix, la démocratie et la liberté de presse, a plaidé son défenseur, vendredi, dans le procès des anciens responsables "des médias de la haine" en cours devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).

l'avocat américain, Me John Floyd, qui défend Hassan Ngeze, contre-interrogeait un témoin expert cité par le parquet, l'historien rwandais exerçant en France, Marcel Kabanda.

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"Hassan Ngeze croit en la démocratie, aux élections, à la liberté de la presse", a suggéré Me Floyd. Le témoin a contesté l'argumentation de l'avocat, affirmant que Kangura propageait "de mauvaises idées".

Marcel Kabanda a rédigé un rapport intitulé: "Kangura, le média de la haine et du complot en vue du génocide", à la demande du parquet du TPIR.

Selon Me Floyd, Kangura utilisait "un langage de précaution", définissant son style comme consistant à dire :"Si quelqu'un vient attaquer chez moi, je veux le
tuer".

Marcel Kabanda a maintenu que la revue ciblait les Tutsis et leurs "complices" et que son contenu était"criminel".

Me Floyd a par ailleurs indiqué que certains numéros de Kangura ont paru quand son client était en prison ou en voyage et que par conséquent il ne saurait en être tenu responsable. l'expert du parquet a répondu qu'à son retour, le rédacteur en chef de Kangura aurait dû se désolidariser publiquement de ces articles.

Hassan Ngeze est coaccusé avec l'ancien promoteur de la Radio-télévision libre des Mille collines (RTLM), Ferdinand Nahimana, et l'ancien conseiller politique au ministère des affaires étrangères et membre du comité D'initiative de la RTLM, Jean-Bosco Barayagwiza. Ils plaident non coupables.

Le témoignage de Marcel Kabanda a été interrompu vendredi en début D'après-midi et ce jusqu'au 29 mai prochain. l'expert a expliqué qu'il avait des obligations professionnelles en France où il travaille comme consultant pour l'UNESCO.

l'avocat français de Ferdinand Nahimana, Me Jean-Marie Biju-Duval, a déclaré que l'interruption de cette déposition est "extrémement préjudiciable et attentatoire à la justice" et que la responsabilité en incombe au procureur.

Lundi, le Tribunal entendra le témoignage de l'historienne américaine et activiste des droits de l'homme, Alison Des Forges, également citée par le parquet.

Le procès des médias se déroule devant la première chambre de première instance du TPIR présidée par la juge sud-africaine Navanethem Pillay et comprenant en outre les juges, norvégien Erik Mose, et sri-lankais Asoka de Zoysa Gunawardana.

AT/GF/FH (ME-0517A )