25.03.2002 - TPIR/MEDIAS - LE PARQUET DEMANDE DU TEMPS POUR CITER l'HISTORIEN JEAN-PIERRE CHRETIEN.

Arusha 25 mars 2002 (FH) - Le parquet a demandé un délai supplémentaire pour présenter sa preuve, lundi, dans le procès des anciens responsables des "médias de la haine" en cours devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).

Le substitut américain du procureur, Stephen Rapp, a demandé que la chambre l'autorise à citer l'historien français Jean-Pierre Chrétien, au mois de juin ou juillet, expliquant qu'il ne sera pas disponible avant cette période.

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La chambre avait initialement ordonné que le parquet clôture la présentation de ses moyens de preuve au mois de mai. Le procès a été ouvert sur le fond en octobre 2000. Quarante trois témoins de l'accusation ont déjà été cités.

Stephen Rapp a indiqué que Jean-Pierre Chrétien serait retenu à Paris au mois de mai par ses activités de professeur D'université.

La présidente de la chambre, la juge sud-africaine Navanethem Pillay, a déclaré: "Nous allons examiner ces questions et nous allons vous en reparler".

Le procureur a présenté cette requête en marge de la déposition du linguiste rwandais Mathias Ruzindana, qui témoigne à charge depuis la semaine dernière.
Lundi, il a été contre-interrogé par l'avocate anglaise Me Diana Ellis, co-conseil de l'ancien promoteur de la Radio-télévision libre des Mille collines (RTLM), Ferdinand Nahimana, un des coaccusés dans ce procès.

Ferdinand Nahimana est coaccusé avec l'ancien conseiller politique au ministère des affaires étrangères et membre du comité D'initiative de la RTLM, Jean-Bosco Barayagwiza, ainsi que l'ancien directeur et rédacteur en chef de la revue Kangura, Hassan Ngeze.

Mathias Ruzindana a affirmé que la RTLM et la revue Kangura utilisaient un langage codé, qui a incité au génocide anti-tutsi et aux massacres D'opposants qui ont fait un million de morts, selon un bilan établi par le gouvernement rwandais.

Me Ellis a suggéré que Mathias Ruzindana procédait par généralisation et devinette. l'avocate a ajouté que le linguiste expliquait les mots hors contexte.

Le procès des médias se déroule devant la première chambre de première instance du TPIR comprenant outre la juge Pillay, les juges, norvégien Erik Mose et sri-lankais Asoka de Zoysa Gunawardana. La déposition de Mathias Ruzindana se poursuit mardi matin.

AT/GF/FH (ME-0325A )