LE TPIR RESTE PRUDENT SUR LA COOPERATION DU RWANDA, SELON SON PORTE-PAROLE

Arusha, le 13 août, 2002 (FH) -- La problème de la coopération entre le Rwanda et le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) reste d'actualité, malgré l'arrivée à Arusha de cinq témoins en provenance de ce pays.

Le porte-parole du TPIR, le Nigérian Kingsley Moghalu, a indiqué à l'agence Hirondelle que la juridiction internationale se réjouit du fait que les témoins aient pu venir.

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"(Mais) nous ne pouvons évaluer la coopération du Rwanda que sur sa cohérence", a-t-il déclaré.

Le TPIR a ajourné prématurément et à plusieurs reprises plusieurs procès, en raison de l’absence de témoins, suite aux nouvelles mesures de voyage imposées récemment à ces derniers par les autorités de Kigali. Depuis février, de nombreux témoins ont également refusé de coopérer avec le TPIR, sur instruction des associations de rescapés du génocide, Ibuka et Avega, dont la plupart des témoins en provenance du Rwanda sont membres. Ces associations accusent notamment le TPIR de harceler les témoins et de recruter des individus suspectés de génocide.

Moghalu a souligné que la position de Kigali n'a pas changé concernant les nouvelles mesures de voyage imposées aux témoins. "Selon des informations en provenance de nos agents sur le terrain, les témoins que nous avons ici ont d’abord dû se plier à ces nouvelles mesures".

Pour obtenir leurs documents de voyage, les témoins sont tenus de décliner leur identité et de justifier leur déplacement. Le TPIR juge ces nouvelles mesures dangereuses et ardues pour des témoins protégés.

Le Rwanda maintient pour sa part qu’elles constituent "des procédures normales qui s’appliquent à tout citoyen désirant obtenir ses documents de voyage". Jusqu’ici, les témoins qui quittaient le Rwanda pour venir déposer à Arusha n’étaient pas soumis à ces procédures. Ils étaient simplement enregistrés sur une liste commune avant de quitter le pays.
GG/GA/DO/FH (RW-0813a)