03.07.07 - TPIR/RENZAHO - L’EX-PREFET RENZAHO N’AVAIT PAS D’AUTORITE SUR LES MILITAIRES (TEMOIN)

Arusha, 3 juillet 2007 (FH) - L’ex-préfet de la ville de Kigali, Tharcisse Renzaho, n’avait pas d’autorité sur des militaires, a affirmé un témoin de la défense mardi devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).
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En procès depuis le 8 janvier 2007, Renzaho, 63 ans, est poursuivi pour génocide et pour des crimes contre l’humanité commis entre avril et juillet 1994 dans son entité administrative. Il plaide non coupable. Le procureur allègue notamment que Renzaho aurait donné aux militaires, aux gendarmes, aux miliciens, aux soldats démobilisés et à d’autres individus l’ordre d’établir et de tenir des barrages routiers dans Kigali dans le but d’identifier, intercepter et tuer les Tutsis. Le témoin, qui était membre des Forces armées rwandaises en 1994, a affirmé que ces dernières, y compris celles stationnées dans la ville de Kigali, ne recevaient d’ordre de personne, à l’exception de l’état major. « Il (Renzaho) n’avait aucun pouvoir sur l’une ou l’autre de ces unités. Au sein des forces armées, il y avait une hiérarchie. Le préfet n’avait à pas à donner des ordres aux unités, » a déclaré ce témoin, protégé par crainte de représailles. Le témoin a ajouté que la seule possibilité qu’avait le préfet en cas de perturbation de l’ordre public, c’était de requérir, auprès de la hiérarchie militaire, des éléments armés pour rétablir la sécurité. Renzaho était colonel dans l’armée. Il est devenu préfet de la ville de Kigali en octobre 1990. Un de ses avocats, Me Barnabé Nekuie (Cameroun), a demandé au témoin si l’accusé, en tant qu’officier, « ne dérogeait pas » à la règle générale et avait, de ce fait, conservé un ascendant sur des militaires. « Une fois qu’il a été nommé préfet de la ville de Kigali. Il était momentanément exempté d’exercer des fonctions militaires. Il avait des fonctions dans une autre administration, l’administration centrale », a répondu le témoin. Il devait y avoir une autre décision administrative pour qu’il soit rétabli dans ses fonctions antérieures, a –t-il expliqué. La défense de Renzaho a promis de rapporter la preuve que les accusations portées par les témoins du procureur sont « mensongères. » Renzaho a été arrêté en République démocratique du Congo (RDC) en septembre 2002. Il présente sa défense depuis  la mi-mai. AT/GF © Agence Hirondelle