20.07.07 - TPIR/SYNTHESE HEBDOMADAIRE - LA DEFENSE DE RUKUNDO ENTRE DANS SA TROISIEME SEMAINE LUNDI

20.07.07 - TPIR/SYNTHESE HEBDOMADAIRE - LA DEFENSE DE L’ABBE RUKUNDO ENTRE DANS SA TROISIEME SEMAINE LUNDIArusha, 20 juillet 2007 (FH)-La défense de l’abbé Emmanuel Rukundo, accusé de génocide, entrera dans sa troisième semaine lundi prochain devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).
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Rukundo, 48 ans, devait appeler le premier témoin à décharge le 2 juillet mais les débats ont été reportés d’une semaine suite à l’arrestation au Rwanda d’un enquêteur de la défense. Rukundo était aumônier militaire en 1994. Le procureur allègue qu’il a participé à des massacres de Tutsis à Kabgayi au centre du Rwanda. Il plaide non coupable. Parmi les témoins qui sont venus à sa rescousse cette semaine se trouve un des auteurs des massacres de Kabgayi. Il a affirmé qu’il n’avait pas vu Rukundo pendant les attaques. Le procureur place l’accusé sur plusieurs sites dans Kabgayi notamment le Petit Séminaire Saint- Léon, le centre Saint-Joseph et un lieu-dit TRAFIPRO. Le témoin a déclaré avoir collecté toutes les informations sur les massacres de Kabgayi alors qu’il était en détention pour les mêmes faits. Sa conclusion est que Rukundo n’y a joué aucun rôle. L’acte d’accusation contre le prêtre comporte également des allégations relatives aux événements d’avant 1994, notamment l’extrémisme à l’école. Selon le procureur, Rukundo, un Hutu, haïssait ses collègues tutsis, depuis 1973. Des témoins, qui ont étudié avec lui, ont indiqué qu’il vivait plutôt en harmonie avec tout le monde. Le procureur affirme que l’extrémisme de l’accusé se serait accentué en 1990 après l’invasion du nord du pays par le Front patriotique rwandais (FPR). Les témoins à décharge ont rapporté qu’il n’avait jamais fait preuve d’activisme politique. Arrêté en Suisse en 2001, Rukundo est en procès depuis le 15 novembre 2006. Il est défendu par Me Aicha Condé (France) et Me Allison Turner (Canada). C’est le quatrième prêtre mis en accusation par le TPIR. Les trois autres sont Athanase Seromba, ancien vicaire à Nyange (ouest), Hormisdas Nsengimana, recteur du prestigieux Collège du Christ -Roi de Nyanza (sud) et Wenceslas Munyeshyaka, curé de la paroisse Sainte - Famille à Kigali. Seromba a été condamné à 15 ans de prison en première instance tandis que Nsengimana est, comme Rukundo, encore en procès. Munyeshyaka, quant à lui, se trouve en France. Le procureur a demandé qu’il soit jugé dans ce pays mais sa requête est encore sous examen devant une chambre du TPIR. A part le procès Rukundo, le tribunal avait à son rôle cette semaine l’affaire Karemera. Ce procès collectif, qui en est au stade de la présentation des preuves à charge, concerne trois anciens responsables de l’ex-parti au pouvoir, le Mouvement républicain national pour la démocratie et le développement (MRND). Les accusés sont Edouard Karemera, ancien ministre de l’intérieur et ex- vice président du MRND, Mathieu Ngirumpatse, président de ce parti ainsi que Joseph Nzirorera, son secrétaire général. L’un des témoins de la semaine était Fidèle Uwizeye, préfet de Gitarama (centre) en 1994. Les avocats s’étaient d’abord opposés à son témoignage, l’accusant de parjure mais la chambre les a déboutés. AT/GF © Agence Hirondelle