KIGALI APPELLE LES ETATS AFRICAINS A ARRETER LES SUSPECTS DE GENOCIDE

Arusha, 22 août 2007 (FH - RWANDA/ AFRIQUE ) – Le parquet général rwandais estime que les pays africains ne font pas assez pour traquer et arrêter les suspects de génocide vivant sur leurs territoires, rapporte mercredi le quotidien pro-gouvernemental rwandais, New Times.

 

 

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En juillet 2006, le ministère rwandais des Affaires étrangères avait présenté aux diplomates en poste à Kigali, dont des représentants de pays africains, une liste de 93 suspects de génocide en fuite à l’étranger. « Nous avons eu quelques réactions positives de la part de pays européens après la publication de la liste mais aucun pays africain n’a procédé à une arrestation ni même envoyé (au Rwanda) des responsables judiciaires à la recherche d’information sur les fugitifs», déplore le porte-parole du parquet général, Jean Bosco Mutangana, cité par le New Times.   Mutangana préside une commission mise en place au niveau du Parquet général pour traquer les suspects en fuite.   Parmi les pays occidentaux ayant procédé à des arrestations après l’appel de l’année dernière, le journal cite le Royaume Uni, les Pays Bas, le Danemark, la Finlande et le Canada.   « D’autres pays comme les Etats-Unis et la Nouvelle Zélande ont envoyé des autorités judiciaires (au Rwanda) pour des enquêtes préliminaires », indique Mutangana. En revanche, selon lui, certains pays africains semblent devenus des sanctuaires pour des suspects en fuite.« Par exemple, pour le Mozambique, nous avons délivré, il y a près de 4 mois, neuf actes d’accusation contenant des détails sur les fugitifs, leurs adresses physiques mais aucune action n’a été prise», a-t-il dit.Parmi ces fugitifs vivant au Mozambique, figure Me Callixte Gakwaya qui était parvenu à signer un contrat avec le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) comme conseiller principal d’un accusé. L’avocat rwandais a dû rompre son contrat l’année dernière après avoir été accusé par Kigali de participation au génocide de 1994.

Le porte- parole du parquet général du Rwanda a ajouté que certains penseurs du génocide circulent librement en République démocratique du Congo (RDC), au Mozambique, au Malawi et en Zambie. Perpétré par des extrémistes hutus, le génocide au Rwanda a fait, selon Kigali, près d’un million de tués, essentiellement au sein de l’ethnie tutsie.   ER/PB/GF

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