DEUXIEME SEMAINE D’AUDITION POUR LE PREMIER TEMOIN DE LA DEFENSE DE KANYABASHI

  Arusha, 27 août 2007 (FH - TPIR/BUTARE) - Le premier témoin de la défense de Joseph Kanyabashi, maire de Ngoma, dans la préfecture de Butare (sud), pendant le génocide de 1994, a entamé lundi la deuxième semaine de sa déposition, une audition qui se déroule essentiellement à huis clos, a constaté l’agence Hirondelle.
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  Le procureur, dernier à intervenir, a entamé lundi après midi son contre-interrogatoire. A la barre depuis lundi dernier, date de l’ouverture de la défense de l’ex- maire, le témoin D 214 D, est, selon son récit, un tueur repenti qui a participé aux massacres sur la colline de Kabakobwa, dans la commune de Ngoma.   Il a affirmé que les tueries de Kabakobwa avaient été perpétrées à l'instigation d' un certain Jean Semwiza qui avait défié les autorités locales.   Selon certains avocats ayant suivi les séances à huis clos, la première semaine de ce témoignage a montré que deux des co- accusés de Kanyabashi, à savoir l’ex-ministre de la Famille et de la promotion féminine, Pauline Nyiramasuhuko et son fils, Arsène Shalom Nathobari, entendent faire flèche de tout bois pour démonter la stratégie de l’ex- maire.   « Leurs avocats ont passé le témoin sur le grill alors que sa déposition ne les concernait pas ; ils ont en fait considérablement allégé la tâche du procureur pour ce qui est de mettre en doute la crédibilité du témoin », a commenté un membre d’une autre équipe de défense.   « C’est une espèce de revanche car la défense de Kanyabashi avait également mis à mal la ligne de défense de Nyiramasuhuko et celle de son fils », a ajouté le défenseur qui a préféré garder l’anonymat.   Kanyabashi était membre du Parti social démocrate (PSD), une des formations de l 'opposition au parti présidentiel de l’époque, le Mouvement républicain national pour la démocratie et le développement (MRND) dont venait Nyiramasuhuko.   Dans ce procès réputé pour sa lenteur et pour ses séances à huis clos que la chambre autorise sans même en demander le bien-fondé, comparaissent également deux ex- préfets de Butare, Sylvain Nsabimana et Alphonse Nteziryayo ainsi que l’ancien maire de Muganza, Elie Ndayambaje.   Poursuivis de crimes de génocide et de crimes contre l’humanité, les 6 accusés plaident non coupables. Kanyabashi est l'avant dernier accusé à présenter sa défense. Après lui, viendra Elie Ndayambaje.   La chambre est présidée par le Tanzanien William Hussein Sekule.   ER/PB/GF   © Agence Hirondelle