UN TEMOIN AFFIRME QUE KANYABASHI N’AVAIT PLUS D’AUTORITE PENDANT LE GENOCIDE

  Arusha, 28 août 2007 (FH - TPIR/BUTARE ) –  Le premier témoin de la défense de Joseph Kanyabashi, maire de Ngoma, dans la préfecture de Butare (sud) pendant le génocide de 1994, a affirmé mardi devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) que l’accusé n’avait plus d’autorité pendant les massacres.
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  Au dernier jour de sa déposition, le témoin D 214 D ainsi désigné pour dissimuler son identité était contre-interrogé, pour le banc du procureur, par la Tanzanienne Holo Makwaïa.   « Le bourgmestre (maire) n’avait plus d’autorité. Ce sont les militaires qui donnaient les ordres partout. Kanyabashi ne pouvait pas sanctionner les criminels », a témoigné D 214 qui s’est présenté lui- même comme un des auteurs du massacre de Tutsis le 22 avril 1994 sur la colline de Kabakobwa, dans la commune de Ngoma.   « En réalité, les assaillants étaient plus forts ; les responsables administratifs n’avaient plus d’autorité ; Kanyabashi ne pouvait rien faire », a déclaré le témoin, réfutant l’allégation selon laquelle l’accusé n’aurait rien fait pour empêcher le massacre de Kabakobwa, ni  pour en punir les responsables.   Selon lui, les Tutsis qui avaient cru trouver refuge à Kabakobwa ont été tués par des centaines de civils marchant derrière une vingtaine de militaires armés.   Le témoin qui vit actuellement au Rwanda a reconnu devant la justice de son pays son rôle dans le génocide. Il est aujourd’hui libre.   Poursuivi pour crimes de génocide et crimes contre l’humanité, l’ex- maire de Ngoma comparaît dans ce procès avec cinq autres accusés dont l’ex-ministre de la Famille et de la promotion féminine, Pauline Nyiramasuhuko, la seule femme à avoir été mise en accusation, à ce jour, par le TPIR. Tous plaident non coupables.   Ouvert sur le fond en juin 2001, ce procès est réputé pour sa lenteur.   ER/PB/GF   © Agence Hirondelle