LE PREFET RENZAHO PREND LA DEFENSE DU PERE MUNYESHYAKA

  Arusha, 29 août 2007 (FH - TPIR/RENZAHO)   - Tharcisse Renzaho, ancien  préfet de Kigali, en témoignant pour sa propre défense devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) a pris la défense mercredi du père Wenceslas Munyeshyaka, également accusé devant ce tribunal.  
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 « Ce prêtre a fait des choses admirables pour les réfugiés (tutsis). Son absence aurait constitué une catastrophe ; il a bravé la menace et le danger » pour apporter des vivres à ces réfugiés, a témoigné l’ex-préfet de la capitale rwandaise.   « Très sincèrement ; il doit y avoir des raisons politiques » derrière sa mise en accusation, a estimé Renzaho pour qui le prêtre est victime d’une campagne de « diabolisation de l’église catholique ». Il a accusé l’actuel régime rwandais d’avoir « une dent » contre l’église catholique, de nourrir « une haine contre les prêtres hutus »   Selon celui qui fut le dernier représentant du gouvernement dans la capitale, le Père Munyeshyaka n’avait pas que la responsabilité de la paroisse de la Sainte Famille mais allait dans tous les centres de réfugiés tenus par l’église catholique pour porter des vivres.   Alors que le nombre de réfugiés dans la paroisse de la Sainte Famille est allé jusqu’à 18.000 selon Renzaho, les différentes tentatives d’évacuer ce centre situé au cœur de Kigali ont toujours échoué en raison d’actions militaires du FPR. Ce dernier a procédé à des bombardements les 12 et 16 avril ainsi que les 1er et 3 mai avant d’attaquer le centre pour faire évacuer les tutsis et tuer les hutus, a affirmé Renzaho.   Dans l’après midi, interrogé par son avocat Me Francois Cantier du barreau de Toulouse (France) l’accusé a relevé des accusations similaires proférées contre lui et contre le père Munyeshyaka. Selon lui, l’acte d’accusation qui a été dressé contre lui l’accuse d’avoir fait tuer les enfants et le mari d’une femme dénommée Rose Rwanga le 22 avril 1994 au centre d’études des langues africaines (CELA), alors que le père Munyeshyaka est accusé d’avoir tué les mêmes personnes le 13 avril à la la Sainte Famille. «C’est bizarre» a-t-il dit alors que la cour était embarrassée par cette évocation d’un acte d’accusation extérieur à l’affaire en cours.   PB/GF   © Agence Hirondelle