LES FONCTIONNAIRES RWANDAIS N'ETAIENT PAS EN MESURE DE QUITTER LEURS FONCTIONS (REYNTJENS)

 Arusha, 21 septembre 2007 (FH - TPIR/BUTARE) - Les fonctionnaires rwandais en désaccord avec la politique qui allait mener au génocide n’étaient pas en mesure de quitter leurs fonctions, a expliqué vendredi au tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) M. Filip Reyntjens, un historien belge spécialiste du Rwanda.  
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Interrogé à propos de la culpabilité de Joseph Kanyabashi, le maire de Ngoma (prefecture de Butare) pour la défense duquel il est venu témoigner, Reyntjens a expliqué que les responsables ne pouvaient abandonner leurs postes sans prendre le risque d’être tués.   Il a ainsi raconté que M. Enoch Ruhigira, le directeur de cabinet du président de la République avait tenté de refuser de reprendre son poste lors d’un changement de gouvernement, et que cela lui avait été refusé. Il s’était alors réfugié chez son voisin, ambassadeur de Belgique, et celui-ci lui avait fait quitter le pays clandestinement.   « Kanyabashi , a expliqué Reyntjens, n’avait pas pour voisin l’ambassadeur de Belgique, il n’avait pas de soldats ni d’avion belge pour fuir au Kenya, s’il avait tenté de fuir vers la frontière burundaise il aurait été tué avant d’y arriver ». « Il n’a pu fuir car cela aurait été exprimer un désaccord avec ce qui allait suivre », a-t-il ajouté.   Le génocide rwandais qui a duré du 7 avril au 4 juillet 1994 a vu la mort de 800.000 personnes dans la communauté tutsi et parmi les hutus modérés. Kanyabashi est jugé dans le procès dit de Butare, dans lequel comparaissent une ministre, son fils, deux préfets et deux maires.   Ce procès a débuté le 6 juin 2001. Kanyabashi est l’avant dernier accusé à présenter sa défense. Il est emprisonné depuis 1995.   PB/ER/GF   © Agence Hirondelle