27.09.07 - TPIR/GOUVERNEMENT II - BICAMUMPAKA SOUHAITE CITER SEPT DIPLOMATES FRANÇAIS

Arusha, 27 septembre 2007 (FH) - Le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) a demandé à Paris de coopérer avec la défense de l’ex-ministre des Affaires étrangères dans le gouvernement intérimaire en place pendant le génocide de 1994, Jérôme Bicamumpaka, qui souhaite citer à la barre sept diplomates français, apprend-on jeudi.
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Dans une ordonnance datée de mercredi, la chambre « demande respectueusement » à la France de permettre à la défense de Bicamumpaka de rencontrer les ambassadeurs Jean-Michel Marlaud, Jacques Depaigne, Jean-Bernard Mérimée et MM. Dominique Pin, Bruno Delaye, Jean-Marc Rochereau de la Sablière et Daniel Leandri.

L'ordonnance demande également à Paris de « terminer le plus rapidement possible les procédures prévues par ses propres lois, avec l’objectif de permettre un éventuel témoignage au début 2008 des ambassadeurs et officiels français » mentionnés dans le texte.

L'audition de diplomates ou de hauts fonctionnaires francais, qui sont intervenus dans les relations franco-rwandaises lors du génocide ou avant, a souvent été demandée par le TPIR qui n'a jamais obtenu gain de cause.

Marlaud était ambassadeur de France au Rwanda pendant le génocide ; Depaigne l’était au Zaïre ; Mérimée aux Nations unies. Les quatre autres officiels français étaient alors basés à Paris, au ministère des affaires étrangères, auprès du président de la République ou du ministre de l'Intérieur.

Bicamumpaka, qui témoigne actuellement depuis deux semaines, espère que ces Français pourront appuyer sa défense qui repose essentiellement sur un alibi. Il affirme qu’après son entrée au gouvernement intérimaire le 9 avril 1994, il a passé l’essentiel de son temps, à rencontrer des diplomates, notamment français, cherchant leur appui en vue de mettre fin au génocide. Il veut ainsi prouver sa non-participation à des activités auxquelles l’ont mêlé des témoignages à charge.

Bicamumpaka entend également citer pour sa défense d'autres diplomates étrangers, dont l’ambassadeur de Belgique au Rwanda en 1994, Johann Swinnen. La chambre a également demandé au gouvernement belge de coopérer en ce sens.

L’ancien chef de la diplomatie rwandaise est jugé avec trois autres membres du gouvernement intérimaire qui fut chassé du pouvoir et du pays en juillet 1994 par la rébellion du Front patriotique rwandais (FPR) actuellement au pouvoir.

ER/PB/GF
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